Le trafic coûte 13,3 milliards en Suisse

En 2016, les coûts externes de la mobilité ont atteint près de 13,3 milliards de francs en Suisse, notamment au titre de la pollution atmosphérique, du bruit, des émissions de CO2 et des accidents. Pour l’essentiel, ils ont été le fait du transport public motorisé par la route, comme le révèle cette semaine le rapport de l’Office fédéral du développement territorial (ARE). La précédente étude remontait à 2010. Elle affichait alors une facture de 12 milliards, soit 10% de moins.

Cette enquête de l’ARE met en lumière et quantifie les dommages causés par le trafic sur la santé humaine et l’environnement. Les calculs intègrent ainsi la souffrance des proches et des parents à la suite d’un décès ou d’une invalidité liés à un accident de la route, ou encore la perte de qualité de vie lorsqu’une personne souffre d’une bronchite chronique causée par la pollution de l’air. Ces dommages-là entraînent des coûts immatériels. Prenons deux exemples très concrets: la pollution atmosphérique et le bruit. À eux deux, ils seraient responsables de 17’100 années de vie perdues, 62’200 tonnes de pertes de céréales, 38’800 journées de symptômes asthmatiques chez les enfants et de 26’600 journées d’hospitalisation.

Le coût de la voiture privée

Avec 10,7 milliards de francs, soit 81% de ces coûts externes, la circulation routière se taille la part du lion. Le transport motorisé privé arrive en tête avec 71%. Le transport public routier représente 2% des coûts et la mobilité douce 8%.

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Le transport aérien est à l’origine de 10% de ces coûts externes. Le transport ferroviaire représente 8%, alors que la navigation génère un peu moins de 1% de la facture globale (voir l’infographie).

François Launaz est le président d’Auto-Suisse, la faîtière des importateurs de voitures. Il défend les bénéfices du trafic routier, lesquels sont absents du rapport. «Nous faisons le maximum pour réduire ces coûts externes. Mais où serions-nous sans route et sans voiture? S’il fallait tout transporter en train ou à vélo, voire par des chemins pédestres… L’administration ne calcule pas ces valeurs. C’est dommage, car je doute que l’on pourrait avoir une espérance de vie de 82 ans dans une Suisse sans route et sans mobilité individuelle.»

À pied ou à vélo

Une lueur d’espoir dans ce tableau aux chiffres astronomiques: certaines formes de mobilité génèrent des bénéfices, tant internes qu’externes. Dans le cas de la mobilité douce, l’exercice physique se traduit par des bienfaits pour la santé. Ces derniers profitent d’une part à la personne se déplaçant à pied ou à vélo (bénéfices internes) et d’autre part à la société dans son ensemble: diminution des cas de maladie, hausse de la production des travailleurs, baisse des coûts pour le système de santé publique et pour les assurances sociales. Ces bénéfices externes s’élèvent à 1,4 milliard de francs, selon les calculs de l’ARE. Ils profitent à la communauté dans son ensemble, et pas directement aux piétons et aux cyclistes.

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