Le Seco est plus pessimiste pour la croissance

Le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco) a nettement réduit ses prévisions de croissance pour la Suisse en 2019. Les économistes fédéraux tablent désormais sur un produit intérieur (PIB) en hausse de seulement 1,1%, au lieu de 1,5% précédemment attendu.

Le ralentissement de la conjoncture mondiale a amené le Seco à revoir en baisse ses attentes en matière de croissance économique dans la Confédération, a-t-il expliqué jeudi dans un communiqué.

«Au deuxième semestre 2018, la conjoncture s’est nettement ralentie en Suisse». L’économie mondiale et le commerce international ont perdu en dynamisme, ce qui a freiné le commerce extérieur suisse, tandis que la demande intérieure «n’a pas livré d’impulsions à la croissance», avec notamment un net ralentissement de investissements.

Inquiétudes en Europe

Selon les spécialistes du Seco, les perspectives se sont considérablement assombries, en Europe notamment, et les prévisions de croissance pour l’Allemagne, principal partenaire commercial de la Suisse, ont été revues à la baisse.

Début mars, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) avait abaissé ses prévisions. L’institut s’attend à ce que la croissance mondiale n’atteigne que 3,3% en 2019 à cause des tensions commerciales et des incertitudes politiques. En novembre 2018, l’OCDE tablait encore sur une progression de 3,5%.

La Banque centrale européenne (BCE) lui avait emboîté le pas quelques jours plus tard, abaissant ses prévisions de croissance en zone euro pour cette année et l’an prochain en raison de l’accumulation des risques. L’institut d’émission francfortois s’attend à une croissance 1,1% en 2019 et à 1,6% en 2020, contre 1,7% pour les deux années lors de ses dernières prévisions en décembre.

En Suisse, la progression du PIB a été maintenue à 1,7% pour 2020. «Si le différend commercial à l’échelle internationale ne s’envenime pas, le commerce mondial devrait repartir à la hausse, ce qui soutiendrait l’économie d’exportation suisse», a pronostiqué le Seco. Les investissement et la consommation des ménages, profitant d’une hausse des salaires réels, devraient accélérer.

«En raison d’une faible progression des carnets de commandes et de la persistance de grandes incertitudes, les entreprises sises en Suisse investissent avec retenue dans les capacités de production, réserve qui devrait perdurer les prochains trimestres», a-t-il précisé.

Les risques politiques dominent

Les risques géopolitiques demeurent élevés, notamment avec le différend commercial entre les Etats-Unis et la Chine, ainsi qu’avec l’UE. Les incertitudes concernant l’issue du Brexit viennent renforcer la prudence des prévisionnistes, auxquelles s’ajoutent les interrogations sur l’accord-cadre entre Berne et Bruxelles.

Dans ce contexte, l’inflation en Suisse ne devrait pas présenter de problème et rester nettement en dessous de la barre des 2% visée par la Banque nationale suisse (BNS).
L’accélération des prix est attendue à 0,4% cette année, contre 0,5% dans les précédentes prévisions. Idem pour 2020, où l’inflation devrait afficher 0,6% (précédemment 0,7%).

En matière d’emploi, les économistes tablent sur un taux de chômage de 2,4% en 2019, un niveau inchangé par rapport aux précédentes prévisions de décembre dernier. Le taux de sans-emploi doit légèrement accélérer l’exercice suivant à 2,6% (contre 2,5% précédemment).

Le Seco s’est aligné avec les prévisions des autres instituts qui ont récemment raboté leurs prévisions de croissance. Pour 2019, BAK Economics table ainsi sur une progression du PIB de respectivement 1,1% et 1,8% et UBS sur 0,9% et 1,6%. (ats/nxp)

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