Le retour en vol du Boeing 737 MAX se précise

Boeing a créé la surprise mardi au salon du Bourget avec l’annonce d’une intention de commande géante de 200 appareils 737 MAX, son modèle cloué au sol depuis mars après deux crashs aériens en Indonésie et en Ethiopie qui ont fait 346 morts.

Cette commande, signée avec le groupe IAG (British Airways, Iberia, Vueling, Aer Lingus et Level) sous forme de lettre d’intention, souligne la volonté de Boeing de démontrer sa confiance dans l’appareil et sa ferme intention de surmonter la crise qu’il traverse depuis plusieurs mois.

Son montant s’élève à plus de 24 milliards de dollars au prix catalogue. Les premières livraisons des appareils, des MAX 8 et MAX 10, sont prévues en 2023.

Il s’agit de la première commande annoncée depuis les crashs de Lion Air en 2018 et d’Ethiopian Airlines en mars, qui ont conduit les autorités de régulation dans le monde à clouer au sol l’appareil.

«Nous sommes très heureux de signer cette lettre d’intention avec Boeing, a déclaré Willie Walsh, le patron d’IAG. Nous avons pleine confiance en Boeing et nous nous attendons à ce que l’appareil reprenne les vols avec succès dans les prochains mois, après l’accord des autorités de régulation.»

Retour en vol probable en août

«Nous sommes honorés et émus par le leadership d’International Airlines Group qui fait confiance au 737 MAX, au personnel de Boeing et à notre engagement profond envers la qualité et la sécurité avant tout», a déclaré Kevin McAllister, patron de la division commerciale de l’avionneur américain. «Nous sommes ravis que l’équipe IAG ait reconnu les qualités supérieures du 737 MAX et ait indiqué son intention de revenir dans la famille Boeing 737.»

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Les avionneurs et équipementiers présents au salon du Bourget estiment que le 737 MAX sera de retour en vol début août, fait savoir Le Monde dans son édition de mercredi. Le constructeur de Seattle refuse de commenter ces informations, indiquant que les modifications apportées au logiciel de stabilisation MCAS n’avaient pas encore été approuvées par l’Agence américaine de l’aviation (FAA).

Depuis le début du salon, Boeing avait pris soin de faire preuve d’humilité et indiqué que son maître mot était de regagner la confiance du public et de l’ensemble du secteur aérien et notamment des compagnies aériennes.

Regagner la confiance

«Nous avons du travail pour gagner et regagner la confiance du public», a ainsi déclaré Dennis Muilenburg, le PDG de Boeing, dimanche à la veille du salon devant quelques journalistes, en reconnaissant que «cette confiance [avait] été affectée par les accidents récents».

Boeing avait également laissé entendre que ce salon ne serait pas placé sous le signe des commandes d’avions même si l’avionneur en annoncerait quelques-unes pour des long-courriers, selon lui.

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Fin avril, Boeing a estimé à 1 milliard de dollars les premières conséquences des déboires du 737 MAX. Mais cette facture va immanquablement grimper, alors que l’avionneur fait face à des procédures judiciaires de familles de victimes et devra vraisemblablement verser des compensations à ses clients et partenaires.

Sous-traitants impactés

La chaîne de sous-traitance subit elle aussi les conséquences de cette crise. Le groupe américain General Electric (GE) a indiqué que l’immobilisation de l’avion affecterait sa trésorerie «de l’ordre de probablement 200 à 300 millions de dollars au deuxième trimestre», selon son PDG Larry Culp. GE, via la co-entreprise CFM détenue avec le français Safran, équipe en moteurs LEAP le monocouloir 737 MAX.

Pour l’heure, plus de 140 MAX sont parqués sur le tarmac en attendant leur livraison, et l’avionneur a dû réduire la cadence de production de l’appareil, de 52 à 42 par mois.

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