Le renouvelable stagne depuis les années 1990

Bien mais peut – et doit – mieux faire. Ce pourrait être en résumé la conclusion du rapport rendu mercredi par cinq institutions internationales sur l’accès à une énergie propre et abordable, l’un des 17 objectifs de développement durable de l’ONU. L’étude dirigée notamment par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et par l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (Irena) dresse un bilan mitigé sur l’accès à l’électricité, ainsi que sur la part des énergies renouvelables dans le monde.

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Entre 2010 et 2017, le taux d’électrification a augmenté de 83 à 89%. Une progression trop lente pour permettre d’atteindre l’objectif de 100% d’ici à 2030. Le rapport prévoit qu’à cette date, encore 650 millions de personnes, surtout en Afrique subsaharienne, seront privées d’électricité. La situation est pire pour l’accès à des technologies propres pour la cuisine. Actuellement, 3 milliards de personnes emploient encore des combustibles impropres pour cuire leurs aliments, comme le bois et le charbon, ce qui provoque des problèmes de santé. En 2030, ils devraient encore être plus de 2 milliards dans ce cas. L’Afrique est de nouveau le continent le plus touché, suivi par l’Asie.

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Le charbon asiatique plombe le mix global

Le rapport n’est pas non plus optimiste au niveau des énergies renouvelables. Entre 2010 et 2016, leur part dans le mix énergétique global a augmenté, passant de 16,6 à 17,5% à l’échelle mondiale. Une augmentation lente mais également récente.

Regardée sur une plus longue période, la tendance est plutôt à la stagnation. En 1990, cette part était déjà à 16,5%. Elle ne cesse en réalité d’osciller depuis vingt-cinq ans autour des 17% malgré un engagement de plus en plus marqué des Etats dans les énergies renouvelables. «Le développement des énergies renouvelables ne suit pas la demande en énergie», précise Heymi Bahar, analyste spécialiste des énergies renouvelables pour l’AIE.

Selon l’expert, les efforts et les investissements se sont concentrés sur la production d’électricité, qui ne représente que 20% de la demande énergétique, le reste correspondant aux transports, à la production de chaleur et à l’industrie. Des secteurs qui ont explosé depuis les années 2000, surtout en Chine, en Inde et en Asie du Sud-Ouest. «Dans ces régions, c’est le charbon qui a été utilisé comme source principale, tirant la part des énergies renouvelables vers le bas.» Il conclut en précisant que la situation a commencé à s’améliorer depuis cinq ans, mais lentement, nécessitant des décisions politiques fortes.

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