Le patronat suisse reconnaît un coup de blues

Un vrai coup de blues! Tel est le sentiment qu’exprime ce mardi le patronat helvétique. Moins de deux semaines avant les élections fédérales! «La politique économique s’en va à vau-l’eau, prévient ainsi le chef économiste d’economiesuisse (Fédération des entreprises suisses), Rudolf Minsch. L’OMC (Organisation mondiale du commerce) a revu à la baisse de plus de 50% (de 2,6% au printemps à 1,2% aujourd’hui) ses prévisions de croissance du commerce mondial pour cette année.»

Cette évaluation de l’organisation garante du multilatéralisme s’avère d’autant plus inquiétante qu’elle s’ajoute à un chiffre époustouflant de Global Trade Alert (GTA). Cette organisation non gouvernementale (ONG) aurait répertorié l’introduction de plus de 14’200 mesures protectionnistes dans le monde, au cours des dix dernières années. La guerre commerciale entre Washington et Pékin n’a évidemment pas manqué d’apporter une appréciable contribution à ce fâcheux décompte. «Mais ce n’est pas le président américain, Donald Trump, qui a commencé», s’empresse de préciser Rudolf Minsch. Il est vrai que le 45e locataire de la Maison-Blanche n’est entré en fonction que le 20 janvier 2017.

Mais si ce n’était que ça. «Le commerce mondial était étonnamment solide jusqu’à récemment. Mais le ralentissement de la conjoncture apparaît désormais dans les chiffres de nombreux pays», constate le chef économiste d’economiesuisse. Rudolf Minsch déplore en outre des facteurs très européens nuisent au business dans le monde. Comme «la source d’insécurité que constitue le Brexit (processus de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, ndlr)» et le fait que des pays, comme l’Italie, négligent de prendre «des mesures structurelles nécessaires.»

Facteurs de nuisance helvétiques

La Suisse aura en plus bientôt son propre facteur de nuisance, préjudiciable avant tout à ses exportations sur ses principaux marchés, à savoir ses plus grands voisins, tous états membres de l’Union européenne. Celle-ci attend en effet de pouvoir conclure un accord
institutionnel global avec la Confédération helvétique. La Suisse reste toutefois très divisée sur cette question. Les partenaires sociaux ne sont eux-mêmes pas parvenus à se mettre d’accord l’été dernier sur des éléments cruciaux: les mesures d’accompagnements et les salaires minimaux.

D’ici au printemps prochain, les citoyens helvétiques devront en plus se prononcer sur l’initiative populaire de l’UDC (Union démocratique du Centre) «Pour une immigration modérée». Celle-ci vise ni plus ni moins à remettre en cause un traité fondamental avec Bruxelles: l’accord bilatéral sur la libre circulation des personnes. Cela nous promet de sérieux coups de grisou.

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