Le marché périt sans se rendre

Depuis le début de l’année, vous le savez, la Bourse est malade, déprimée, à la limite de la récession. Au bord du gouffre, prête à faire un grand pas en avant. Maintenant que l’on a pris conscience que la Chine n’avance plus, que le pétrole est maudit et que Mme Yellen et sa chère Réserve fédérale s’est peut-être un peu emballée en montant les taux, tout le monde s’attend à l’hallali final, un krach boursier en apothéose. Les objectifs sont tous plus délirants les uns que les autres, et j’ai presque envie de dire que si les dires des prédicateurs de mauvais augure se réalisent, ça sera le dernier krach boursier de l’histoire. Puisque, après, il n’y aura plus de marchés boursiers et l’économie sera définitivement morte.

C’est ce qui me fait dire, dans un sursaut d’optimisme, que ça n’arrivera jamais. Les «techniciens» du marché, ceux qui lisent les graphiques boursiers comme d’autres lisent dans le marc de café, ont déterminé un point que l’indice américain ne doit pas franchir à la baisse, c’est les 1812. Au-delà de cette limite, ça sera «adieux veaux, vaches, cochons». Justement, cette fin de semaine chaotique s’est terminée en rebondissant exactement à ce niveau. Comme dans un film américain, sauvés à la dernière seconde.

Le responsable de ce rebond n’est pas la FED, Mme Yellen a parlé et on ne peut dire qu’elle a fait preuve d’un optimisme exacerbé. Non, le responsable du rebond poussif de vendredi aura été encore une fois le pétrole qui rebondissait de 12% suite à de nouvelles rumeurs (la 214e, je crois) comme quoi les pays producteurs couperaient leur production. L’or noir a encore une fois fait preuve d’un comportement qui aurait valu la camisole de force à une personne normalement constituée. Et le pire, c’est que mon marc de café à moi me dit que la balade en grand huit n’est pas encore terminée.

(Créé: 14.02.2016, 19h10)