Le lobby du transport aérien tire la sonnette d’alarme

Skycontrol, syndicat d’environ 150 aiguilleurs du ciel basés à Genève, remet mardi un préavis de grève à la direction de Skyguide (voir les éditions de «24 heures» et de la «Tribune de Genève» de mercredi). Le même jour, le directeur général de l’IATA (Association internationale du transport aérien), Alexandre de Juniac, annonce lui-même l’urgence d’investir dans la gestion du trafic aérien.


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À l’occasion de la 36e séance plénière de la Conférence européenne de l’aviation civile, l’ex-président du directoire d’Air France/KLM (de 2013 à 2016) a en effet tiré la sonnette d’alarme: «J’appelle les décideurs politiques européens à prendre des mesures afin d’éviter une crise des infrastructures.»

Des passagers déçus

Si rien n’est fait, le natif de Neuilly-sur-Seine estime que la situation deviendra grave dans un peu plus de vingt ans: «En 2040, 160 millions de passagers seront déçus parce que les aéroports ne seront plus capables de prendre en charge toutes les personnes ayant besoin de voyager. Et chaque passager privé de vol constitue une perte pour l’économie. L’unique solution consiste à investir dans les aéroports et la gestion du trafic aérien.»

Alexandre de Juniac se félicite néanmoins des efforts «écolos» de la corporation: «Nous pouvons être fiers du dur travail ayant conduit au programme de compensation et de réduction du carbone pour l’aviation internationale (Corsia). L’industrie de l’aviation est déterminée à faire progresser la technologie, les opérations et les infrastructures afin de continuer à réduire les émissions de carbone du secteur.»


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Du fait même de ce succès, le directeur général de l’IATA déplore que «des États européens cherchent à mettre en œuvre de nouvelles taxes environnementales, en plus du système d’échange des permis d’émission de l’Union européenne». Du coup, Alexandre de Juniac s’empresse de rappeler que les 290 membres de son organisation, assumant 82% du trafic aérien mondial, ont besoin de sécurité juridique pour exercer leurs activités.

Le risque protectionniste

Cela s’avère d’autant plus vrai que le divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne se rapproche. Le Brexit devrait être consommé le 29 mars 2019.

«Des compagnies aériennes vendent cependant déjà des billets valables pour des vols prévus au-delà de cette date. Union européenne et Royaume-Uni doivent donc agir au plus vite pour éviter de perturber les passagers, le business et les échanges commerciaux. À long terme, la grande incertitude reste toutefois liée aux risques de politiques protectionnistes et, par conséquent, de recul des principes de globalisation.»

Le directeur général de l’IATA insiste dès lors sur une réalité cruciale de la branche: «L’aviation demeure une activité commerciale de liberté. Elle livre ses meilleures prestations lorsque les frontières sont ouvertes aux voyageurs et au commerce.»

(TDG)

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