Le compte à rebours s’accélère pour sauver Thomas Cook de la faillite

Thomas Cook, fondateur de la société du même nom, a inventé les voyages organisés en 1841. Le groupe Thomas Cook pourrait devenir cette semaine le responsable du plus gros rapatriement organisé de l’histoire touristique mondiale. Plus de 600 000 vacanciers de Thomas Cook – dont 150 000 Britanniques – se trouvent en effet dispersés de par le monde. À l’instar du grounding de Swissair, il faudrait alors mettre sur pied une intervention d’urgence pour les rapatrier, baptisée «Opération Matterhorn», si la banqueroute devait être prononcée… À l’heure où nous mettons sous presse, les actionnaires et les créanciers du voyagiste britannique cherchaient toujours, dimanche soir, une solution pour sauver le voyagiste de la faillite. En soi, la solution ne coûte pas très cher, 200 millions de livres sterling (247 millions de francs), face à un chiffre d’affaires 2018 de 9 milliards de livres et 19 millions de clients.

Les Chinois très critiques

Mais voilà. Le géant chinois du tourisme Fosun (propriétaire notamment du Club Med) a accepté ce printemps d’injecter 450 millions de livres dans les comptes ultradéficitaires de Thomas Cook (1,5 milliard de livres au premier semestre 2019). «Mais pas un sou de plus», a déclaré ce week-end une source proche de Fosun au «Financial Times». Visiblement, les Chinois en veulent beaucoup au conseil d’administration et aux auditeurs de Thomas Cook, «qui n’ont pas mis un terme suffisamment tôt à ce scandale, où le groupe dépensait davantage d’argent qu’il n’en gagnait». Or, face au groupe chinois, les banques créancières, en tête desquelles la Royal Bank of Scotland, détenue par l’État britannique, et Lloyds, n’en démordent pas. Elles ne participeront à la recapitalisation globale de 900 millions de livres que si Thomas Cook trouve encore ces fameux 200 millions de livres, «pour passer la saison d’hiver où les affaires sont bien plus calmes». Quant au gouvernement de Boris Johnson, il semblait jusqu’à la dernière heure qu’il refusait de mettre la main à la poche. En résumé, c’est à l’industrie de l’aviation civile et du tourisme de se débrouiller.

Mais, selon nombre de spécialistes du secteur touristique, la pérennité de Thomas Cook et de ses 20 000 salariés dans le monde est loin d’être garantie, même si le groupe passe le week-end. Le modèle d’affaires du voyage organisé, où l’on s’occupe de tout, du vol d’avion à l’hôtel et aux visites guidées, se voit massivement attaqué par les réservations en ligne et les compagnies d’aviation low-cost.

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