Le chef de Lufthansa souhaite la disparition des vols inférieurs à dix euros 

«Les vols inférieurs à dix euros ne devraient pas exister», selon le patron du premier transporteur aérien en Europe. «C’est économiquement, écologiquement et politiquement irresponsable», ajoute Carsten Spohr, président de la direction du groupe Lufthansa, dans une interview à la NZZ am Sonntag. Sa filiale Eurowings offre pourtant des vols à moins de 35 euros, mais il les soutient «pour défendre nos marchés et parce que les billets bon marché participent à la démocratisation du transport à long distance auprès de toutes les couches de la population».

Le trafic continue d’augmenter

Les discussions sur le climat n’ont pas conduit à une diminution des réservations. Pour l’ensemble du groupe, Lufhansa s’attend à une croissance de nombre de passagers d’environ 4% par rapport à l’année dernière, une année record, indique . Une progression est aussi attendue pour Swiss.

Les transports aériens sont responsables de 2,8% des émissions de CO2 causées par l’homme, ajoute-t-il. Les chiffres de Lufthansa diffèrent toutefois de ceux du WWF, qui parlent de 5%. Ces derniers «intègrent les effets d’autres émissions, comme l’oxyde d’azote ou les particules de suie», rétorque-t-il. Le patron de Lufthansa reconnaît que la branche n’est pas parvenue à démontrer que le transport aérien est le moyen de communication «le plus efficient pour les longues distances » et qu’il contribue à «rassembler les pays, les économies et les sociétés». 

La meilleure politique pour le climat est technologique

Plutôt que des taxes et des réglementations différentes d’un pays à l’autre, le patron de Lufthansa plaide pour une standardisation des taxes sur les vols en Europe «pour ne pas influencer la concurrence». Carsten Spohr pense que l’on sous-estime les effets des contournements. Pour les long-courriers, le risque que des pays situés hors d’Europe en profitent, comme la Turquie ou les Emirats arabes, qui ne connaissent pas de taxes sur le CO2. «Le climat n’en profiterait pas», avance-t-il.

«Chaque taxe sur le CO2 doit réduire les émissions, sous peine d’être sans effet», plaide-t-il. Le patron de Lufthansa propose que «l’argent ainsi prélevé serve à financer la recherche sur les carburants synthétiques». A son avis, la meilleure solution pour que le transport aérien soit neutre en carbone ne provient pas d’une taxe sur le CO2. Il recommande plutôt «la modernisation rapide de la flotte. Chaque nouvelle génération réduit de 25% la consommation de kérosène et d’un montant équivalent les émissions de gaz», montre-t-il.

Risques pour Zurich

Carsten Spohr, craint aussi l’effondrement de l’aéroport de Zurich en tant que centre de correspondance. «En particulier, avancer jusqu’à 25 minutes les départs et les arrivées tard le soir, comme cela a été récemment discuté, poserait des problèmes existentiels à son fonctionnement comme hub», déclare le directeur de la maison mère du groupe Swiss. S’il n’était plus un centre de correspondances, Zurich devrait se contenter de moins de dix destinations longue distance contre 45 actuellement.

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