L’alliance Sunrise – UPC laisse de marbre Salt

«Certes, nous sommes un petit acteur, mais cela ne nous empêche pas d’avoir la volonté d’afficher la plus forte croissance du marché.» Pascal Grieder, le patron de Salt, semble serein lorsqu’il évoque le tsunami qui a frappé son secteur, il y a quelques semaines, quand Sunrise annonçait sa volonté d’acquérir UPC Suisse pour 6,3 milliards de francs. «Pour autant que ce rachat aboutisse, (ndlr: les autorités de la concurrence doivent encore donner leur blanc-seing), je vous mentirais en disant qu’il me donne des insomnies», répond celui qui a pris ses fonctions de CEO en septembre 2018.

Selon lui, son groupe serait bien armé pour mériter sa place et faire front à ce géant qui dominera nettement le secteur des télécommunications suisses aux côtés de Swisscom. «Nos fondations sont assez solides et notre positionnement bien défini pour résister et poursuivre notre croissance», estime-t-il sans nier qu’il observera toutefois de très près l’évolution du dossier.

D’un point de vue purement financier, le troisième opérateur de Suisse aura vécu une année 2018 en demi-teinte, les revenus s’étant contractés de 2,1% à 1,03 milliard. Si on gomme les charges exceptionnelles liées à la caisse de pension, la rentabilité du groupe s’est par contre améliorée de 1,6% à 468,7 millions sur un an. Quant au bénéfice net, selon l’AWP, il a été presque doublé à 72,2 millions de francs, «grâce à une baisse massive des amortissements, des correctifs de valeur ainsi que des réductions de coûts».

Pour Salt comme pomme pour ses deux concurrents, la 5G sera l’un des aspects clés de l’exercice en cours. À en croire le patron, elle devrait entrer en fonction durant la seconde partie de l’année. Pascal Grieder ne souhaite toutefois pas en dire plus au sujet de la course entamée par les opérateurs. «Il y a actuellement trop d’écart entre ce qui est communiqué et ce qu’il sera vraiment possible de faire, estime le CEO. Nous préférons donc attendre et détailler notre offre une fois qu’elle sera disponible.»

Salt reste également peu disert sur ses objectifs pour l’année 2019, si ce n’est celui de continuer à augmenter son nombre de clients, à l’aide notamment d’une politique de prix ultra-agressive.

(TDG)

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