L’Agence française du numérique, timide acteur de la «disruption gouvernementale»

Il n’est pas venu, officiellement coincé dans Paris par les inondations. Très attendu mardi soir pour le lancement officiel de l’Agence française du numérique, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron n’était donc pas là pour répondre aux questions de la petite assemblée présente dans les locaux de l’Usine, un espace de bureaux et d’ateliers partagés proche, à Paris, de la Bibliothèque François-Mitterrand.

Grave? Pas sûr, tant ce lancement, qui ne fait qu’officialiser l’existence de cette structure publique rattachée à la direction générale des entreprises du ministère, ne semble guère à la hauteur de l’enjeu de l’économie numérique. Aucun grand patron du secteur n’était présent pour écouter la secrétaire d’Etat au Numérique Axelle Lemaire, ex-députée franco-canadienne PS des français de l’étranger pour la circonscription de Londres. Pas d’annonce budgétaire fracassante autre que la répétition des plans officiels. L’événement donnait plutôt l’impression d’avoir affaire à une nouvelle couche du «mille-feuilles» administratif français, plutôt qu’à la présentation d’un tremplin à la créativité et à la disruption…

Non loin de la Halle Freyssinet 

Symbole: le futur lieu de pouvoir de cette fameuse disruption économique se trouve à quelques dizaines de mètres de «l’Usine», où la secrétaire d’Etat au Numérique Axelle Lemaire a présenté l’Agence. Il s’agit de la Halle Freyssinet qui, en travaux, ouvrira au début 2017 sur les anciennes voies désaffectées de la gare d’Austerlitz. Projet soutenu par le magnat des télécommunications et d’Internet Xavier Niel, la Halle Freyssinet rassemblera, dans un espace dédié, des incubateurs et des start-up, que l’agence du numérique se chargera, elle, d’accompagner dans le dédale administratif hexagonal.

Superviser un plan d’équipement

Composée d’une quarantaine de personnes et dirigée par Antoine Darodes – normalien, ancien de l’autorité de la concurrence et de l’autorité de régulation des télécommunications –, cette agence a pour but principal de superviser le plan d’équipement du haut débit sur tout le territoire français, pour lequel 20 milliards d’euros vont être investis dans les dix prochaines années. Elle conduit aussi l’opération «French Tech» dans l’Hexagone – 13 métropoles françaises sont dotées de «French Tech Hubs» – et à l’étranger, via l’opération «French Tech Ticket».

L’Agence du numérique s’inscrit dans l’effort de promotion du secteur porté par le projet de loi sur la république numérique actuellement encore en discussion au parlement. Deux élues de grandes villes font partie de son comité d’orientation: la maire de Nantes Johanna Roland, et la vice-présidente de Lyon Métropole, Karine Dognin-Sauze.