La succession de Patrick Odier suscite des convoitises

Comme président de l’Association suisse des banquiers (ASB), Patrick Odier est déjà entré dans l’histoire. Il a dirigé le principal lobby de la place financière helvétique depuis septembre 2009. Le Genevois a donc aidé la place financière helvétique à garder le cap lorsqu’UBS vacillait et lorsque la Suisse devait négocier une issue lors d’un gigantesque conflit fiscal avec les Etats-Unis. Il a en plus préparé la patrie du secret bancaire à l’échange automatique de renseignements en matière fiscale. Et n’oublions pas Rubik, ce fameux impôt libératoire anonyme sur les revenus de l’intérêt, des dividendes et des gains en capitaux! Un échec certes, mais celui-ci a mis en évidence la force de proposition d’une ASB dirigée, à ce moment-là, par Patrick Odier. Cet associé senior de Lombard Odier rempilera-t-il?

L’intéressé nous a tous prévenus la semaine dernière dans le Tages-Anzeiger (quotidien zurichois édité par Tamedia, comme la Tribune de Genève et 24 heures). Il communiquera ses intentions «prochainement» Tout indique que ce sera le 4 avril, à l’issue de la prochaine séance du conseil d’administration de l’ASB. Les ambitions, les convoitises et les rumeurs n’attendent cependant pas la réponse à cette question.

Le premier éventuel successeur de Patrick Odier, évoqué le plus souvent, reste le Vaudois Boris Collardi, président du directoire de la banque privée zurichoise Julius Baer & Co AG. Cette hypothèse, souvent répétée dans les médias, a suscité quelques agitations dans les milieux bancaires. Notamment dans les établissements voués au marché local. Du coup, les noms de nouveaux papables apparaissent dans la presse.
A l’instar de celui de Pierin Vincenz. Même si l’ex-patron du groupe Raiffeisen, et membre du conseil d’administration de l’ASB, en est parfois venu à s’opposer publiquement aux projets défendus par Patrick Odier (notamment en 2012 sur Rubik), il paraît avoir de grandes chances de succès. Sans oublier une personnalité étrangère au monde bancaire, tout en étant très familier de la branche: Peter Siegenthaler.

Le nom de cet ex-directeur de l’Administration fédérale des finances, comme celui de Patrick Odier, reste gravé dans la mémoire des observateurs de l’économie suisse. Peter Siegenthaler s’est en effet révélé un des acteurs déterminants lors du grounding de Swissair et lors de la crise d’UBS. Dans les deux cas, il s’agissait de grandes opérations de sauvetage, menées aux côtés des deux plus grandes banques du pays. Ce juriste bernois a en outre présidé l’Union des banques cantonales suisses de juillet 2010 à décembre 2011. Il siège en plus dans le conseil d’administration de la Banque Cantonale de Berne.

Quoi qu’il advienne, une chose semble déjà certaine: après Pierre Mirabaud de 2003 à 2009, le successeur de Patrick Odier ne sera probablement pas un Genevois. (TDG)

(Créé: 21.03.2016, 12h28)