La longue route vers l’adoption de la blockchain

CHRONIQUE. Le chemin vers l’adoption massive des services basés sur la blockchain est encore long, mais l’arrivée d’une identité numérique accessible à tous serait un facteur d’accélération important. Pour une majorité des suisses, il est du ressort de l’Etat de fournir une solution en la matière

Si Internet a permis la digitalisation et la mise à disposition des supports de contenu (texte, musique, vidéo), la blockchain, elle, porte la possibilité de la numérisation du monde dans son ensemble. Peu à peu, chaque élément du monde physique sera doté d’un jumeau virtuel. Les rapports de propriété seront répliqués par l’association de ces objets à des identités digitales. Le système sera finalement complété par un réseau de contrats intelligents reproduisant sous forme numérique une grande partie des rapports juridiques entre les parties, permettant par-là l’automatisation d’un grand nombre d’opérations effectuées aujourd’hui manuellement.

Avant que cette grande vision ne se réalise pleinement, la route sera toutefois encore longue. On pourrait comparer l’état actuel de l’infrastructure blockchain à celle d’internet en 1995, lorsque le réseau commençait à être utilisé par le grand public: un grand nombre d’opérations que l’on connaît aujourd’hui étaient déjà disponibles, mais avec une expérience-utilisateur extrêmement basique. En lieu et place de Google, on consultait des pages de liens faisant office d’annuaires. Un achat sur eBay se payait en argent liquide envoyé par la poste au vendeur faute de paiements en ligne. Quant aux premiers portails de recherche d’emploi, ils fonctionnaient sous la forme de mailing lists.

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