La cuvée 2019 du Magic Pass est arrivée

Le Magic Pass est en pleine forme. A l’occasion de l’ouverture de la troisième saison, c’est le premier bilan qu’ont tiré ses organisateurs ce mercredi à Berne. De 25 stations il y a deux ans, l’offre s’est étoffée pour en compter 30 en 2018, puis, comme annoncé avec joie par ses gérants, 33 la saison prochaine. Les domaines de Prés-d’Orvin (dans les environ de Bienne), de Loèche-les-Bains et de Saas-Fee rejoignent l’offre, qui totalise désormais 1200 kilomètres de piste. Pour la première fois, elle s’ouvre également vers la Suisse alémanique. Son prix demeure toutefois stable: 399 francs, comme l’an dernier. 

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«Donner le virus de la montagne»

«Nous nous sommes demandé comment faire pour augmenter le nombre de skieurs et aller rechercher ceux dont le matériel prenait la poussière à la cave, explique Pierre Besson, président de l’administration du Magic Pass. L’idée est venue de nous fédérer. Dès la première année, le prix sympathique (359 francs) a permis d’attirer ce public.» Le succès ne faiblit pas: Cette saison, le forfait de ski saisonnier – désormais 40 francs plus onéreux – a déjà séduit plus de 105000 personnes, pour un chiffre d’affaires de 40 millions de francs. En comparaison, ce dernier était inférieur à 17 millions avant l’avènement de la formule. Répartie sur 16 des 30 stations (maintenant 17 sur 33), la nouvelle offre estivale disponible depuis l’an dernier a également permis d’augmenter le chiffre d’affaires des stations partenaires de 72% par rapport à l’été précédent. 

«L’été demeure anecdotique par rapport à l’hiver, tempère Harry John, expert en tourisme à Loèche-les-Bains. Toutefois il permet de diminuer les risques d’une mauvaise saison de ski.» Quant à l’augmentation constante du nombre de stations qu’offre le pass, le Haut-Valaisan n’y voit que du positif: «La compétition se fait avec Majorque, l’Espagne ou encore l’Italie. Entre stations, dit-il, l’union fait désormais la force.» Des propos repris par Sébastien Travelletti, membre de l’administration Magic Pass. «L’ajout d’un petit domaine comme Prés-d’Orvin n’ajoute certes que 5 kilomètres de piste, admet-il, mais il est situé proche d’un centre urbain. C’est là que commencent à se former les skieurs de demain, qui passeront ensuite aux plus grandes stations. Le plus important, c’est de donner le virus de la montagne aux plus jeunes générations. Tout le monde en ressort gagnant.»

Gare aux offres de seconde classe

Si l’entraide paraît désormais être devenue le mantra au sein de la coopérative Magic Pass, Sébastien Travelletti met en garde: «Notre formule représente une fantastique opportunité pour les stations qui sont prêtes à se retrousser les manches. Grâce à cet abonnement, elles bénéficient de nouveaux clients qui s’aventurent en dehors de leur zone habituelle. Toutefois dans le cas où les prestations diffèrent fortement, les domaines les moins travailleurs pourraient aussi souffrir la comparaison.» Une sorte de sélection naturelle pourrait alors prendre place.

Directeur de projet à l’observatoire Valaisan du tourisme, Nicolas Délétroz confirme cette vision. «C’est possible, oui. Les petites stations à moindre budget pourraient connaître une érosion de clientèle si elles ne sont pas à la hauteur. Pour que l’abonnement fonctionne, les grandes stations doivent toutefois également faire des adaptations. Prenons Crans-Montana, l’offre de logement est en surcapacité en période creuse mais les prix y sont élevés. Pour qu’une famille modeste de l’Arc jurassien s’y intéresse, des adaptations sont nécessaires. Sinon l’effet Magic Pass ne fonctionnera pas.»

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