La course à la succession de Lagarde s’accélère

Les pays européens ont donné un coup d’accélérateur à la désignation de leur candidat à la succession de Christine Lagarde à la tête du FMI. Ils ont lancé un processus pour se mettre d’accord sur un nom d’ici à la fin du mois.

Les quatre ministres des Finances européens du G7 (Allemagne, France, Grande-Bretagne et Italie), ainsi que le commissaire européen Pierre Moscovici, ont lancé formellement le processus lors d’une réunion dans la nuit de mercredi à jeudi en marge du G7 Finances de Chantilly (Oise), au nord de Paris.

Ils ont désigné à cette occasion le ministre français des Finances, Bruno Le Maire pour mener les conversations afin de trouver un consensus d’ici à la fin juillet. Lui a d’ores et déjà annoncé qu’il ne briguait pas la direction du Fonds monétaire international (FMI).

«Un processus a été retenu: l’idée, c’est que nous parvenions à une candidature européenne de consensus qui soit une candidature solide et crédible et qui permette à l’Europe de continuer de diriger le FMI», a affirmé le ministre français lors de la conférence de presse finale du G7 Finances.

«Pas de short list»

«Nous allons essayer dans les jours qui viennent de coordonner les positions des différents États membres afin que nous parvenions à une candidature de consensus d’ici la fin du mois de juillet», a-t-il affirmé. Le ministre a refusé de citer publiquement les noms des favoris à la succession de Mme Lagarde, nommée pour prendre la tête de la Banque centrale européenne. «Ce ne serait ni élégant, ni efficace», s’est-il justifié.

Les noms circulent pourtant en coulisses et dans les médias, notamment ceux du Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, ancien président de l’Eurogroupe, celui de son successeur, le Portugais Mario Centeno, celui de l’ancien commissaire finlandais Olli Rehn, celui de Pierre Moscovici ou encore celui de la ministre espagnole des Finances, Nadia Calviño.

«Il n’y a pas de short list. Ce ne sont que des noms qui circulent», a assuré à l’AFP une source européenne. «Personne n’est écarté», a commenté une autre source, qui met en avant les difficultés entre les pays du Nord et du Sud, voire de l’Est, à se mettre d’accord sur un nom.

«Pas un choix européen»

Selon plusieurs sources consultées, la candidature du gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE) Mark Carney semble toutefois compromise, face à l’opposition de plusieurs pays de l’UE qui lui trouvent «beaucoup de qualités», mais qui considèrent que celui qui fut également gouverneur de la banque centrale canadienne «ne serait pas un choix européen».

M. Centeno ne fait pas l’unanimité non plus. «J’ai vu son nom ce matin. Sincèrement, je ne vois pas comment ce serait possible», a affirmé une source européenne. Quant à l’autre candidate d’un pays du Sud, Mme Calviño, «on lui reproche de ne pas avoir été assez longtemps ministre en Espagne».

«M. Le Maire va tester initialement trois noms, ceux de M. Dijsselbloem, M. Centeno et celui de Kristalina Georgieva», la directrice générale de la Banque mondiale qui, à 65 ans, frôle l’âge limite pour assurer la direction du FMI, a indiqué une source diplomatique.

Partage des rôles controversé

En tout état de cause, les Européens devront aussi convaincre les Américains. A Chantilly, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a rappelé que «depuis que les institutions avaient été créées [en 1944], un Américain avait dirigé la Banque mondiale et un Européen le FMI».

«Nous travaillerons étroitement avec les Européens, les Japonais et les autres pendant cette procédure», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse. Quoique aujourd’hui contesté par les pays émergents, ce partage de rôle immuable a récemment porté David Malpass, ancien sous-secrétaire au Trésor américain, à la présidence de la Banque.

Le comité de direction du FMI comprend 24 administrateurs représentant les 189 membres, seuls Washington, Tokyo (6,15%) et Pékin (6,09%) représentant leur pays à eux seuls. (ats/nxp)

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