La biotech bâloise Evolva double ses ventes mais reste déficitaire

La restructuration d’Evolva semble porter ses fruits: la société biotechnologique bâloise a ramené sa perte nette à 14,7 millions de francs au premier semestre, contre 20,3 millions à la même période de l’an dernier. «Les recettes liées aux ventes de nos produits ont doublé en un an», atteignant 1,8 million de francs, s’est réjoui le patron du groupe, Oliver Walker, jeudi lors d’une conférence téléphonique.

Les investisseurs n’ont pas partagé son enthousiasme. Le titre a perdu plus de 3% à la bourse suisse. «L’entreprise ne devrait pas être bénéficiaire avant 2020», relève Sebastian Bray, analyste chez Berenberg. «Il faut du temps pour qu’une stratégie déploie tous ses effets», souligne Martin Vögtli, analyste chez Research Partners. Mais la stratégie va dans la bonne direction, selon lui: «Les efforts déployés par l’entreprise pour la commercialisation de ses produits ont payé.»

Evolva avait annoncé en automne dernier vouloir réduire ses activités de recherche et développement (R&D) pour se concentrer sur la vente de ses produits existants auprès des distributeurs. Elle avait ainsi centralisé son unité R&D dans son laboratoire bâlois de Reinach. 

Effectif divisé par deux

Cela s’est traduit par la suppression de plus de 80 postes, principalement en Inde, au Danemark et aux Etats-Unis. «C’est près de la moitié de son effectif total. Evolva a pu réduire considérablement ses coûts», poursuit Martin Vögtli.

D’un autre côté, logiquement, les revenus des activités de recherche et développement pour le compte d’autres sociétés ont diminué de 26% sur un an, s’élevant à deux millions de francs. Cela a a freiné la progression du chiffre d’affaires total (+6%, à 3,8 millions de francs).

En quête de débouchés

Fondée en 2004, Evolva fabrique des ingrédients destinés aux industries pharmaceutique et alimentaire. Parmi ses produits, figure un édulcorant à base de stevia (une plante au pouvoir sucrant), mais à  produit en partenariat avec le géant américain Cargill, et sur lequel elle devrait toucher des royalties dès cette année, selon Oliver Walker.  

La société produit aussi un extrait de pamplemousse, utilisé comme arôme et parfum. Elle espère pouvoir l’utiliser comme répulsif contre les insectes, les tiques et les moustiques, notamment. «Le processus d’approbation par les autorités américaines de protection de l’environnement est en cours», a indiqué le patron d’Evolva, qui compte ainsi réduire encore davantage son déficit en 2018.

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