La banque numérique n’est pas une banque privée

La place financière suisse fait face à un défi industriel souvent ignoré, mais qui prend avec le «digital banking» une dimension concrète. Naguère, les banques s’étaient spécialisées à fournir un service concentré sur les comptes bancaires qui consistait notamment à produire de bons rapports de performance pour les clients, mais sans aller plus loin.

Le premier virage a eu lieu il y a vingt ans avec la lutte contre le blanchiment d’argent, qui a exigé plus de transparence et donc de savoir qui détenait vraiment les fonds. La réglementation avait alors établi une distinction claire entre le titulaire des avoirs et les bénéficiaires économiques, notamment en présence de structures interposées sur le compte (comme les trusts et les fondations). La lutte anti-blanchiment a ainsi inauguré un nouveau type de «service» bancaire, de nature réglementaire. Il fallait faire vérifier aux intermédiaires financiers l’identité de leurs clients et déterminer qui a droit aux valeurs patrimoniales, et clarifier sur cette base les transactions d’apports et de retraits.

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