Kudelski dit adieu aux décodeurs

La nouvelle était presque passée inaperçue. La veille de la publication des résultats, le groupe Kudelski cédait à Neotion, pour 20 millions de dollars, ses activités de décodeurs pour la télévision. Il s’agit là de l’activité hardware, soit les boîtiers et autres objets utilisés pour visionner les chaînes cryptées. «Ce segment représente un chiffre d’affaires annuel d’environ 100 millions», précise André Kudelski, le patron du groupe. Les activités logicielles en lien avec la télévision numérique restent, elles, dans le giron du groupe de Cheseaux-sur-Lausanne.

Ce mouvement a son importance. En profonde restructuration, le groupe vaudois, qui a ouvert un siège aux États-Unis voici deux ans, se mue en spécialiste de la cybersécurité et de l’Internet des objets. Le groupe ne donne pour l’instant pas de chiffres sur le poids que représentent ces activités sur son chiffre d’affaires. André Kudelski précise toutefois que «le secteur de la cybersécurité devrait atteindre le seuil de rentabilité en 2020».

Besoin de liaisons sécurisées

Que regroupent ces activités? Par cybersécurité, il faut entendre la mesure des risques pesant sur un système informatique et, le cas échéant, la capacité à contre-attaquer suite à une agression. Quant à l’Internet des objets, il s’agit de sécuriser les liaisons avec les objets connectés (avions, voitures, hôpitaux, etc.) afin d’éviter les mauvaises surprises et/ou de développer des algorithmes pour leur permettre, si nécessaire, de fonctionner de manière autonome. «Le groupe Kudelski se trouve avec la cybersécurité et l’internet des objets au même point où il se situait avec la télévision numérique à ses débuts, ajoute le patron du groupe. Il a fallu beaucoup investir et attendre que cela porte ses fruits, ce qui n’a pas manqué.» Patience, donc.

Voilà pour le futur. Au premier semestre, le groupe a vu ses ventes reculer de 10,3%, à 446 millions de dollars, pour un résultat opérationnel en rouge à hauteur de 2,2 millions. Une perte nette de 36,5 millions a été enregistrée, qui s’explique en large partie par des coûts de restructuration supérieurs aux prévisions, soit 28 millions. «La complexité et les coûts associés sont particulièrement élevés dans certains pays comparés à la Norvège ou à la Suisse», précise André Kudelski. Restructurer les activités s’est révélé particulièrement coûteux en France, où l’ardoise s’est montée à 10 millions. Pour l’ensemble de l’exercice 2018, le groupe confirme ses objectifs, à savoir atteindre un résultat opérationnel de 30 à 45 millions avant coûts de restructuration.

Les investisseurs n’ont guère apprécié ces résultats et l’action a reculé de 4%.

(TDG)

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