Jerome Powell doit rassurer les marchés

Jerome Powell, le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed), a entamé son mandat dans le tumulte. Nommé en novembre dernier par le président américain Donald Trump, le successeur de Janet Yellen a prêté serment la semaine passée, au moment où les principales places financières mondiales étaient fortement chahutées, perdant en moyenne 10% en quelques jours.

Cette semaine commence au vert. Mais désormais, les regards sont tournés vers le bâtiment de la Fed à Constitution Avenue à Washington. Son principal locataire doit encore prononcer son premier discours devant le Congrès à mi-février et indiquer les orientations de la politique monétaire américaine. Aux Etats-Unis, le président de la Fed est considéré comme la deuxième personnalité de l’Etat.

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«Ni faucon ni colombe.» C’est ainsi que l’on qualifie généralement Jerome Powell, 65 ans, avocat, ancien banquier et membre de la Fed depuis 2012, nommé à l’époque par le président Barack Obama. Par opposition à un faucon qui est préoccupé strictement par la stabilité des prix, la colombe se soucie autant de l’inflation que de la croissance. Homme de consensus et de compromis, sa marge de manœuvre sera limitée. En tout cas dans un premier temps. Le conseil des gouverneurs – composé de faucons et de colombes – présidé par Janet Yellen a en effet déjà acté une politique de desserrement monétaire. On peut s’attendre à au moins trois hausses des taux directeurs en 2018.

Rapport de force

Le rapport de force entre faucons et colombes à la Fed n’est toutefois pas évident à ce stade. Car le poste du numéro deux de Jerome Powell est vacant. La nomination par le président Trump est en attente et l’élu doit être confirmé par le Sénat. Le vice-président est aussi un personnage dont les positions pèsent sur la politique monétaire.

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Reste à voir si Jerome Powell va accélérer ses interventions à la lumière des hausses salariales notées en janvier et d’une inflation qui s’annonce plus forte, avec des chiffres attendus mercredi. «Jerome Powell pourrait annoncer une hausse du taux directeur dès le 20 mars prochain alors qu’il présidera son premier Comité de politique monétaire, déclare Mathilde Lemoine, cheffe économiste du groupe Edmond de Rothschild. A terme, le nouveau président devrait être moins attentif à l’emploi.» Selon elle, comme du temps de Janet Yellen, la Fed décidera les contours de sa politique monétaire en fonction des informations disponibles.

Surchauffe

La tâche de Jerome Powell s’avère compliquée dans la mesure où le président américain s’apprêtait, lundi soir, à détailler son plan de relance massif pour les infrastructures. Or un tel plan en période de forte croissance et de presque plein-emploi peut alimenter l’inflation.

«L’accélération de l’inflation pèsera sur le pouvoir d’achat des ménages et la faiblesse de la consommation pourrait donc empêcher la surchauffe, relativise Mathilde Lemoine. La Fed va donc continuer à être prudente en réagissant en fonction des indicateurs macroéconomiques et financiers.» Elle relève par ailleurs que la Fed considère l’accélération actuelle de la croissance comme temporaire.

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