IFM Investors, le gérant d’actifs australien qui lorgne les infrastructures suisses

Discrètement, IFM Investors a déjà attiré près d’un demi-milliard de francs d’investisseurs institutionnels suisses. Dès la semaine prochaine, le gérant d’actifs australien installera quatre personnes à Zurich, pour renforcer ces liens, convaincre de nouveaux clients et chercher des opportunités de placement dans les infrastructures du pays, a expliqué au Temps Brett Himbury, directeur général de la société, de passage en Europe.

A l’origine d’IFM, 27 fonds de pension privés australiens se sont réunis pour créer une société de gestion conforme à leur vision de l’investissement à long terme, stimuler la concurrence et chercher des opportunités hors des marchés boursiers. C’était il y a vingt-cinq ans. Depuis, la «société a grandi plus vite que les investissements possibles en Australie», explique Brett Himbury.

Actifs multipliés par cinq

Le groupe s’est alors lancé à New York, puis Londres, au milieu des années 2000, pour élargir son horizon de placement. C’est ainsi que la société de gestion s’est développée, jusqu’à offrir ses services à des investisseurs institutionnels qui ne sont pas australiens. Désormais, 70% de ses clients sont internationaux et elle compte 113 milliards de dollars australiens sous gestion (78 milliards de francs). Un chiffre qui a plus que quintuplé depuis l’entrée en fonction de Brett Himbury en 2010. Le responsable se dit néanmoins davantage préoccupé par les rendements à offrir aux clients que par le fait de grandir.

Anna Demarmels dirigera les opérations en Suisse. C’est elle qui a récolté les 450 millions de francs venant d’une vingtaine d’investisseurs suisses ces dernières années. Un spécialiste des infrastructures a aussi été nommé pour chercher des opportunités en Suisse. Ce segment est l’un des plus importants pour IFM, qui gère quelque 35 milliards de dollars (à peu près l’équivalent en francs) dans les infrastructures autour du monde. «Avec les taux bas notamment, l’environnement n’a jamais été aussi compliqué pour les investisseurs», déclare Brett Himbury, pointant les marchés traditionnels des actions et des obligations. Tout ce qui est non coté attirera toujours plus, estime-t-il.

Joint-venture avec Trafigura

Pour l’heure, IFM n’a réalisé qu’un seul investissement avec une entreprise basée en Suisse. Début octobre, elle a annoncé la création d’une joint-venture avec Trafigura. La coentreprise concerne des activités d’Impala – la filiale d’entreposage et de logistique du géant des matières premières basé à Genève – au Mexique, au Pérou et en Espagne, de même que des opérations fluviales au Paraguay.

De manière générale, le gérant d’actifs s’intéresse aux infrastructures de transport, les aéroports par exemple, aux services d’utilité publique, comme l’énergie, et aux télécoms. IFM compte 400 employés, dont un peu plus de la moitié en Australie. Le reste est réparti entre New York, Londres, Berlin, Hongkong, Séoul et Tokyo. Et désormais Zurich.

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