Hôtellerie Romande veut davantage réguler Airbnb

Malgré une bonne année 2018 en termes de fréquentation et de chiffres d’affaires, les hôteliers vaudois s’inquiètent de la concurrence croissante d’Airbnb. Le président de l’Association romande des hôteliers, Philippe Thuner, réclame plus de régulation de la part des autorité dans une interview à l’Agefi parue jeudi.

«Fin septembre, la hausse des nuitées dans les hôtels vaudois atteignait 0,5%, c’est-à-dire une stabilisation à haut niveau», a-t-il déclaré. Un résultat dû aux conditions météorologiques favorables, grâce à un hiver enneigé et à un été ensoleillé. Mais cette «situation a rendu plus compliqué le cas des hôtels situés sur l’Arc lémanique et dans les villes».

Les professionnels sont «moins optimistes» pour 2019, craignant qu’un tel scénario météorologique ne puisse pas se reproduire. Quant à l’année 2020, elle pourrait être plus difficile. «Certains grands événements n’auront pas lieu en 2020 à l’exemple de la Fête des Vignerons de Vevey».

Des hébergeurs clandestins

Philippe Thuner estime également que «l’augmentation des capacités hôtelières à Lausanne et Genève met la pression sur les prix de vente». Il regrette avant tout la concurrence «extrêmement déloyale» des chambres d’hôtes, notamment présentes sur la plateforme d’Airbnb, «qui croît de manière exponentielle». Le site internet américain se rapproche du million d’hôtes annuels en Suisse.

«Le nombre de lits mis sur le marché de ces plateformes représente quasiment un tiers de la capacité des hôtels vaudois. Par exemple, à Lausanne, une dame loue 140 chambres, soit la capacité du Lausanne Palace. C’est comme si elle avait un hôtel disséminé dans la ville. Ces nouveaux acteurs de l’hébergement peuvent se permettre de pratiquer des prix plus bas et faire plus de bénéfice, car ils sont clandestins et ne paient ainsi pas de TVA, ni d’impôts, ni de taxe de séjour».

Le tourisme d’affaires à la peine

L’Association Romande des Hôteliers souhaite imposer aux loueurs une obligation d’annonce à leur commune et que les cantons tiennent un registre de chambres d’hôte. Mais il déplore «la lenteur d’adaptation des cadres législatifs cantonaux. Il faut aussi dire que nos autorités semblent avoir un peu peur de réglementer ces nouveaux modèles économiques. Il existe aussi une réticence de certains geeks, même au Conseil National».

Selon lui, un groupe interdépartemental travaille sur cette question depuis plus d’un an. «Il a voulu rencontrer Airbnb. Mais le géant américain joue la montre.» Une rencontre pourrait avoir lieu en janvier 2019.

Le tourisme d’affaires se porte aussi moins bien. «La Riviera a perdu 3% de ses nuitées à la suite des plans d’économies d’une grande multinationale de la région (Nestlé) qui invite moins ses cadres au siège social. Certains hôteliers sont même touchés avec près de 20% de nuitées en moins». (ats/nxp)

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