Hausse du bénéfice de Lombard Odier en 2019

Lombard Odier gérait 299 milliards de francs au 31 décembre 2019, un chiffre en hausse de 16% sur un an, soit 41 milliards. La progression des marchés a contribué à hauteur de 27 milliards et 14 milliards de capitaux supplémentaires ont été apportés par les clients, selon un communiqué diffusé jeudi. Ces afflux «ont été positifs dans toutes les activités et sur tous les marchés l’an dernier, affirme l’associé senior Patrick Odier, les clients ont été sensibles à nos bonnes performances de gestion, puisque 65% de nos stratégies figurent dans les premier et deuxième quartiles sur 3 ans et 80% sur 5 ans». Un quartile regroupe les 25% des gérants les plus performants sur une stratégie.

La gestion privée représentait fin 2019 182 milliards de francs, contre 49 milliards pour l’asset management et 67 milliards pour l’activité de services technologiques (qui compte dix clients depuis l’arrivée de Syz début 2019 sur la plateforme de Lombard Odier). La banque n’indique pas la répartition de ces afflux nets entre ses trois activités.

Cost-income ratio de 79%

Les revenus opérationnelles ont progressé de 3% en 2019, à 1,2 milliard de francs, et le bénéfice net de 6%, pour atteindre 175 millions hors événements exceptionnels. Parmi ces derniers figurent la cession de clients nord-américains à Vontobel annoncée fin 2018 ou le versement d’un dividende de la part de l’opérateur de la Bourse suisse SIX, dont la plupart des banques sont actionnaires. Ces facteurs non récurrents se sont élevés à 28 millions l’an dernier. Le ratio charges/revenus s’est amélioré à 79%, contre 81% en 2018 (82% en 2017 et 84% en 2016).

Lire aussi: Pictet a attiré 25 milliards de nouveaux avoirs en 2019

Les chiffres montrent que pour Lombard Odier, le second semestre a été meilleur que le premier, mis à part le «net new money» (+10 milliards entre janvier et fin juin). Sur les six premiers mois, le bénéfice avait baissé de 10% à 72 millions de francs, pour des revenus en recul de 2%, à 581 millions. Plusieurs raisons expliquent cette progression, poursuit Patrick Odier: «d’une part un effet de base, puisque le deuxième semestre 2018 avait été marqué par une baisse marquée des marchés, et d’autre part parce que la performance a été bonne, les marchés favorables et que les avoirs des clients ont beaucoup progressé au cours de l’année 2019».

Investir dans la décarbonisation

Dans les investissements, le thème de la décarbonisation est désormais l’élément central de la stratégie, «permettant d’investir dans des entreprises qui vont mener la transition vers une économie à zéro émission et résiliente au changement climatique». Cela ne signifie pas d’exclure systématiquement les acteurs des secteurs polluants, mais d’identifier ceux qui «s’engagent dans la transition énergétique pour atteindre de la croissance avec un effet positif pour la société, l’économie et l’environnement, comme la compagnie pétrolière Statoil, qui élargit son offre dans l’éolien, ou comme Toyota ou Volkswagen dans le secteur des transports. D’autres, comme Orsted ont déjà complètement transformé leur modèle d’affaires».

Lire aussi: Les résultats 2019 d’UBP marqués par des événements exceptionnels 

L’activité des clients s’est un peu reprise l’an dernier, essentiellement à travers des réallocations d’actifs, mais leur intérêt pour la finance durable a subi une «accélération massive», assure l’associé senior du groupe qui s’est fait certifier B Corp en mars 2019: «La quasi-totalité de nos clients institutionnels demandent des mandats durables pour les classes d’actifs traditionnelles comme les actions ou les obligations, tandis que 80% des clients privés souhaitent recevoir des offres prenant en  compte ces critères». Et la majorité de ces derniers ont franchi le pas vers une gestion plus durable, conclut Patrick Odier.

monchange.ch