Groupe Mutuel perd ses assurés en masse

Groupe Mutuel a connu en 2018 un important recul du nombre d’assurés au titre de l’assurance obligatoire des soins (LAMal) en raison d’une hausse de primes pour renforcer ses réserves, alors même que le rythme de l’inflation des coûts de la santé est resté relativement bas. L’assureur valaisan s’attend à une inversion de tendance pour l’exercice en cours.

Le chiffre d’affaires de la holding octodurienne, qui a bouclé dans le vert son premier exercice sous sa nouvelle structure juridique, se monte à plus de 5,6 milliards de francs, pour l’essentiel (5,5 milliards) générés par le secteur de la santé.

Mais si ce dernier compte plus de 1,3 million de clients individuels, le nombre d’assurés LAMal a chuté de 8,7% en l’espace d’une année à 981’160 au 1er janvier 2019. Le renforcement des réserves s’est traduit par «l’adaptation des primes» qui a incité des assurés à changer de prestataire, explique le groupe dans son rapport d’activité publié mercredi.

«La hausse moyenne des primes, annoncée en 2017 pour les primes 2018, était de l’ordre de 10% et variable selon les caisses et les régions», a indiqué le directeur général sur le départ, Paul Rabaglia, soulignant la nécessité de cette hausse importante pour atteindre le niveau légal de réserves exigé par l’Office fédéral de la santé publique (Ofsp).

«Les coûts de la santé ont passablement fluctué au cours des années précédentes, ce qui a progressivement entamé nos réserves», poursuit le dirigeant. Selon lui, la méthode de calcul des réserves a évolué «dans le but de protéger les intérêts des assurés».

Inversion de tendance

Pour l’exercice en cours, la direction s’attend à des jours meilleurs. «Après quatre mois d’activité en 2019, la tendance s’est inversée et est plutôt positive», assure M. Rabaglia.
Un pronostic à prendre avec des pincettes, dans la mesure où le gros des transferts entre assureurs survient après les annonces de primes après l’été. Mais au vu de l’évolution des coûts de la santé en 2018, le patron de Groupe Mutuel dit s’attendre à «une faible hausse des primes, bien inférieure à celle de 2018».

Le volume des primes encaissées au titre de la LAMal a reculé de 4,1% à 4,5 milliards de francs. Après déduction du résultat des placements de capitaux, l’excédent s’élève à 331,5 millions, intégralement attribués aux réserves, précise Groupe Mutuel.

En 2018, les coûts de la santé en Suisse ont connu une hausse inférieure à 1% selon des chiffres provisoires de la faîtière Santésuisse, «beaucoup plus modérée» que les 4-5% par année en moyenne depuis l’introduction de l’assurance obligatoire des soins en 1996.

L’année dernière, le montant des factures LAMal traité par les assureurs-maladie du groupe a totalisé 4,5 milliards de francs. Plus de trois quarts de ce montant est réparti entre les médecins, les hôpitaux (soins stationnaires et ambulatoires) et les médicaments.

Résultat mitigé pour les complémentaires

Les assurances complémentaires ont continué de progresser l’année dernière, signale l’assureur. Le produit de ces activités dépasse désormais le milliard de francs. Toutefois, en raison d’une importante perte sur placements de capitaux (-81,2 millions), le résultat a pesé sur les comptes à hauteur de 18,4 millions.

Dans le secteur entreprises, Groupe Mutuel compte désormais 23’000 clients, soit 1000 de plus qu’un an plus tôt, une progression qualifiée de «réjouissante», qui permet à l’entreprise de renforcer sa présence dans les assurances accidents – y compris complémentaires – les indemnités pertes de gain (IPG) et la prévoyance professionnelle (LPP).

Dans les domaines de l’assurance-vie et des assurances de Patrimoine, deux secteurs plus récents dans l’entreprise, le premier assureur romand a enregistré des volumes de primes quasiment stables, à respectivement 85 et 19,8 millions de francs.
La holding nouvellement créée a bouclé son premier exercice comptable sur un bénéfice de 308 millions de francs. (ats/nxp)

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