Google réorganise son offre de paiement mobile

Le paiement mobile peine encore à séduire les consommateurs occidentaux mais personne dans la Silicon Valley ne doute de son potentiel de croissance. Soucieux de ne pas laisser ses rivaux Apple et Samsung se tailler la part du lion, Google a décidé de restructurer son offre dans le secteur. Jusqu’ici, l’utilisateur avait accès à Google Wallet, lancé en 2011, et Android Pay, disponible depuis 2015. Les deux services sont désormais réunis depuis cette semaine sous la bannière Google Pay. Il faudra encore plusieurs mois pour que Wallet, rebaptisé Google Pay Send, permette de transférer de l’argent de pair à pair directement via l’application Google Pay. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni seront les premiers marchés concernés. En Suisse, le service Twint est leader du marché, devant Apple Pay et Samsung Pay – Google n’y a pas encore lancé ses services.

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Google Pay propose deux interfaces. Un premier liste l’historique des transactions, les réductions disponibles et les magasins des environs qui acceptent le mode de paiement Google (Airbnb, le site de réservation Fandango ou encore Instacart, par exemple). Le deuxième permet d’enregistrer ses différentes cartes de crédit et même ses cartes-cadeaux.

Aussi pour les transports

La firme de Mountain View veut faciliter tous les paiements, dans le monde numérique comme dans le monde physique, à partir d’un seul compte, ce que le site spécialisé Pymnts.com appelle «le graal des paiements modernes». A terme, Google Pay sera accessible depuis tous les produits du groupe (Chrome, Assistant, Google Play, YouTube…). L’application permet aussi de prendre les transports en commun à Londres, Kiev ou Portland, en attendant de nouvelles villes.

Mais pour l’instant, seulement 11% de ses utilisateurs potentiels auraient essayé Android Pay, un taux plus bas que pour les clients d’Apple et de Samsung – qui tous deux ont lancé leurs services en Suisse. Ainsi, 16% des iPhone en circulation dans le monde auraient activé Apple Pay, disponible depuis l’automne 2014, selon un rapport de Loup Ventures. Plus de 2700 banques ont validé ce mode de paiement (+41% sur un an) et Jennifer Bailey, à la tête d’Apple Pay, affirme que le service est accepté dans un magasin sur deux.

Adoption jugée décevante

Ce n’est pas forcément satisfaisant pour Tim Cook qui «espère voir de [son] vivant la fin de l’argent liquide». Les paiements mobiles «ont décollé plus lentement que je ne l’aurais pensé», a reconnu le directeur d’Apple lors d’une récente réunion d’actionnaires.

Dans un rapport publié l’été dernier, Goldman Sachs confirme que «malgré beaucoup de publicité lors de leur lancement, Apple Pay, Samsung Pay et Android Pay luttent pour gagner du terrain. L’adoption des portefeuilles mobiles a été décevante quel que soit le critère retenu», poursuit le rapport. Principale raison de cette lente croissance selon Goldman Sachs: la crainte du consommateur de tomber sur un vendeur qui refuserait ce mode de paiement.

Samsung face à Google

C’est ce qui fait dire au cabinet de recherche Zacks.com qu’Apple et Google ne sont pas nécessairement encore rivaux sur le marché. Le paiement mobile ne compte pas suffisamment aujourd’hui dans le choix d’une marque par le consommateur. Samsung Pay, en revanche, fait bien figure de concurrent direct de Google puisque les deux ont recours au système d’exploitation Android. Arrivé plus tôt sur le marché, le sud-coréen a l’avantage d’offrir un système de points de fidélité à ses utilisateurs en plus d’être accepté à peu près partout où les cartes de crédit le sont (Google et Apple ne fonctionnent pour le moment qu’avec la technologie NFC).

Google, Samsung et Apple pointent de toute façon loin derrière la Chine. Le South China Morning Post explique que le marché était plus ouvert à des modes de paiement alternatifs du fait de l’adoption tardive des cartes de crédit et des problèmes de sécurité associés. WeChatPay et AliPay ont des centaines de millions d’utilisateurs en Chine, y compris pour prendre les transports en commun. Le cabinet de recherche eMarketer prévoit que près de 80% des utilisateurs chinois de smartphones passeront par le paiement mobile en 2021. Ils ne seront alors que 23% aux Etats-Unis et 15% en Allemagne, affirme le cabinet.

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