Google glisse de l’intelligence artificielle dans son calendrier

Faire du sport, apprendre à jouer un instrument de musique ou effectuer les tâches ménagères: trouver du temps dans son agenda n’est parfois pas une tâche aisée. Pour les plus occupés d’entre nous, Google se propose de jouer le rôle de planificateur.

La semaine dernière, le moteur de recherche a en effet ajouté une nouvelle fonctionnalité à Google Calendar, son agenda numérique. Baptisée «Goals» (objectifs), celle-ci consacre automatiquement des plages horaires à certaines activités. Cette option est issue du rachat, en mai 2015, de la start-up Timeful. Pour le moment, elle est uniquement disponible sur les applications mobiles Android et iOS (iPhone). Mais il est fort probable qu’elle arrive sur la version web du service.

Cinq catégories

«Les calendriers ne devraient pas simplement être des outils pour nous permettre de se rappeler des événements. Ils devraient nous aider à utiliser notre temps au mieux», justifie Jyoti Ramnath, l’une des responsables du projet chez Google. Elle promet ainsi de nouvelles mises à jour pour poursuivre dans cette direction.
Pour se fixer un nouvel objectif, à peine quelques secondes sont nécessaires. Il suffit de sélectionner l’une des taches proposées par Google et classées en cinq catégories (faire du sport, développer une compétence, famille et amis, temps personnel et organiser sa vie). Il ne reste alors plus qu’à choisir la fréquence (d’une fois par semaine à tous les jours), la durée (de 15 minutes à deux heures) et le moment de la journée (matin, après-midi ou soir).

Agenda analysé

Google Calendar analyse ensuite l’agenda de l’utilisateur. Et se charge de fixer plusieurs plages horaires consacrées à l’objectif. Ces dernières sont reprogrammées automatiquement si elles entrent en conflit avec un rendez-vous ou un événement ajouté après coup. L’utilisateur a également la possibilité de les modifier ou de les remettre à plus tard. Quelques minutes avant l’heure fixée, un rappel est envoyé sur le smartphone de l’utilisateur.

Mais l’application veut aller encore plus loin en profitant des avancés de l’intelligence artificielle, en particulier des techniques de machine learning (apprentissage automatique). L’algorithme informatique derrière «Goals» est ainsi capable de s’adapter aux habitudes de l’utilisateur. «Plus vous vous en servez et plus il devient meilleur», explique Jyoti Ramnath. Exemple: le service ne planifiera plus rien à 14h si l’utilisateur continue d’annuler les tâches prévues à cette heure-ci. Il privilégiera au contraire un horaire que l’utilisateur respecte plus souvent.

Google, le plus actif

«Goals» illustre la manière dont l’intelligence artificielle permet déjà d’améliorer les services utilisés quotidiennement par des centaines de millions de personnes. «Le machine learning nous permet de repenser tout ce que nous faisons», expliquait fin 2015 Sundar Pichai, le nouveau directeur général de Google. La société de Mountain View est l’une des plus actives dans le domaine. Elle investit de nombreuses ressources, aussi bien humaines que financières.

Google utilise aussi l’intelligence artificielle dans son service de stockage de photos afin d’effectuer des recherches – par exemple, les photos de chats où les clichés d’un monument. Autre utilisation: la reconnaissance vocale afin d’améliorer la compréhension des accents régionaux. Ou encore: les logiciels de traduction afin de détecter les expressions et le contexte et ainsi de ne plus traduire mot à mot. Le «machine learning» est également coeur de projets plus futuristes, comme la voiture sans conducteur et les robots.