Folie immobilière à Paris: vraies raisons et vrais dangers

ANALYSE. Le seuil des 10 000 euros du mètre carré est désormais dépassé à Paris. Une aubaine pour les propriétaires et les vendeurs. Mais dans une France où les «inégalités d’accès» demeurent légion, cette folie immobilière tient de la bombe à retardement

La version officielle, bétonnée par les analystes et les agences immobilières, se veut rassurante. Selon ces interlocuteurs, l’actuelle flambée du mètre carré parisien est tout, sauf due à la spéculation. A 10 000 euros le mètre carré (environ 10 920 francs) – et jusqu’au double dans les très bons quartiers – contre 2800 euros voilà 20 ans, la capitale française ne fait, d’après eux, que rattraper un retard immérité.

L’explication est simple: dans cette métropole où les règles d’urbanisme sont si contraignantes que les constructions de nouveaux logements sont réduites à la portion congrue (moins de 500 construits en 2018 contre… 1142 à Lausanne en 2017), la demande est quasi-condamnée à excéder l’offre. Un déséquilibre accru par les taux d’intérêt historiquement bas. Seule UBS, dans son «index» des bulles immobilières 2019 tout juste publié, crédite Paris d’un risque de krach en nette hausse.

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