Fini les voyages long-courriers avec Eurowings

Lufthansa veut simplifier les opérations de sa compagnie à bas coût Eurowings pour la rendre à nouveau profitable après l’absorption d’Air Berlin, abandonnant notamment les long-courriers et n’excluant pas un plan social.

Le patron du géant européen du transport aérien, Carsten Spohr, a annoncé lundi devant les investisseurs un programme de restructuration visant à réduire de 15% d’ici 2022 les coûts chez la filiale concurrente de Ryanair et d’Easyjet.

Eurowings reste plombé par la concurrence féroce sur le marché européen et la coûteuse intégration d’Air Berlin, dont Lufthansa avait récupéré une partie des activités après la faillite de la compagnie berlinoise.

Lufthansa, qui avait déjà abandonné l’objectif d’un retour dans le vert d’Eurowings en 2019, en ajustant ses prévisions de résultats à la baisse mi-juin, table désormais sur un bénéfice en 2021.

Pour y parvenir, Eurowings se détournera des long-courriers, dont la gestion commerciale sera reprise par une branche de sa maison mère, pour se concentrer sur les court-courriers en Europe.

Concurrence féroce

La productivité du personnel et des avions doit également augmenter, passant par plus de jours travaillés pour le personnel navigant et une flotte simplifiée, composée uniquement d’Airbus A320.

Les mesures concernant le personnel seront mis en place «à travers la fluctuation naturelle ou des plans sociaux, si besoin», a indiqué Lufthansa dans une présentation faite aux actionnaires.

Le groupe était sous pression des investisseurs, d’autant que la croissance de ses capacités ralentit en raison d’un goulot d’étranglement des infrastructures — à savoir les difficultés rencontrées par les aéroports et les contrôleurs aériens pour absorber la progression du trafic.

Au premier trimestre, le groupe a creusé ses pertes tandis que le bénéfice a reculé de 8% en 2018, plombé par le prix du carburant qui ne cesse d’augmenter.

Pour tenter d’apaiser les marchés, Lufthansa a annoncé lundi matin un nouvel objectif de dividende. Le géant aérien compte désormais débourser entre 20% et 40% du bénéfice opérationnel ajusté, contre une fourchette de 10% à 15% actuellement.

Mais à la Bourse de Francfort, le titre était en baisse de 1,45% à 14,60 euros vers 11h20 GMT, et abandonnait 25,89% depuis le début de l’année, soit la pire performance du Dax.

En 2019, Lufthansa s’attend à une marge d’exploitation comprise entre 5,5% et 6,5% et un bénéfice d’exploitation compris entre 2 et 2,4 milliards d’euros (entre 2,2 et 2,6 milliards de francs), nettement en dessous de l’exercice 2018.

Lufthansa reste également menacé par des grèves du personnel de cabine cet été. (ats/nxp)

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