Faire bonne impression, du virtuel au réel 

Avant, faire une bonne première impression ne se jouait que sur une poignée de main franche ou sur quelques bons mots. Mais ça, c’était avant. Avant internet, LinkedIn, les e-mails, ou les entretiens par Skype. Aujourd’hui, le premier regard peut être virtuel. Contactés, plusieurs experts insistent sur cette dimension. Parmi eux, Christiane Waterschoot, fondatrice de C-Marketing, agence belge et française qui accompagne les PME dans leur transformation numérique. «La première impression en ligne précède souvent une première rencontre en face-à-face, constate-t-elle. Un recruteur scannera votre présence en ligne avant même de vous inviter à un premier rendez-vous.»

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Mais l’importance de la première impression en ligne est décisive dans d’autres cadres qu’une recherche d’emploi. «En B2B [échanges commerciaux réalisés avec une autre entreprise], si vous cherchez un partenaire, vous interrogerez Google pour en savoir plus sur l’entreprise qui vous intéresse. Votre première impression influencera votre prise de contact, détaille Christiane Waterschoot. En B2C [échanges commerciaux avec des particuliers], le point de vente physique reste souvent le premier contact, mais la première impression laissée par un site web, une page Facebook ou un compte Instagram joue un rôle de plus en plus important.»

Un profil en ligne à soigner

Comment alors faire en sorte de se montrer virtuellement sous son meilleur jour? Christiane Waterschoot insiste sur l’importance de LinkedIn et, selon le public visé, d’autres réseaux sociaux. «Sans oublier un site qui doit être tourné vers le client et non vers l’entreprise elle-même», souligne-t-elle.

En bref, quelle que soit la personne à impressionner en ligne, il existe des principes clés. Christiane Waterschoot en énumère quelques-uns: «La cohérence: il faut projeter une même image de soi quel que soit le canal utilisé. La pertinence ensuite: il est inutile «d’enjoliver», cela se sait tôt ou tard. Et l’actualité: un profil en ligne doit être régulièrement mis à jour.»

D’autres contacts précèdent souvent la vraie rencontre. Parmi eux, l’échange par e-mails. Et lorsqu’il représente une première approche, il nécessite d’être particulièrement réfléchi, estime Christine Petersen, fondatrice et gérante de Virak, compagnie de formation professionnelle basée en Suisse. «Il faut être direct et concis, mais rester formel en rédigeant comme on écrirait une lettre. Et ne surtout pas mettre d’émojis: ils peuvent être utilisés pour des e-mails entre collègues qui se connaissent bien, mais pas pour un premier contact.»

Envisager les échanges virtuels comme de vraies rencontres

Le premier échange vocal se fait aussi souvent sans se rencontrer. Les entretiens téléphoniques ou via Skype s’avèrent aujourd’hui fréquents. Des moments qu’il faut envisager comme de «vraies» rencontres, juge Annick Deschamps, consultante et formatrice à la préparation d’entretiens d’embauche chez Oasys Consultants, cabinet suisse de transition de carrière. «Il arrive qu’un recruteur téléphone et que le candidat, pris de court, se retrouve sans le vouloir en train de passer un entretien. Il vaut mieux qu’il explique ne pas être disponible, et qu’il reporte l’échange à un moment où il est au calme. De la même manière, un entretien téléphonique ne se fait pas en pyjama. Il faut être dans un état d’esprit professionnel.»

Après le virtuel, le réel: si le premier aspect ne peut plus être négligé, le second est aussi toujours d’actualité. Et lorsque la rencontre a lieu en vrai, après des échanges virtuels ou sans eux, l’image se dessine en effet bien souvent dans les premières secondes. D’où l’importance de se montrer immédiatement sous son meilleur jour et de laisser notamment de côté… son portable. «Etre sur son téléphone au moment du premier contact peut créer une barrière entre les interlocuteurs, juge Christine Petersen. Il faut se montrer le plus accessible possible, avec un langage du corps ouvert et une écoute active.»

Pas facile cependant de maîtriser ce qui paraît arbitraire: le feeling entre deux interlocuteurs semble relever du hasard. Annick Deschamps admet cette dimension «chimique» lors d’un entretien, d’embauche notamment, mais estime qu’on peut l’influencer en se préparant au maximum: «Il faut savoir exactement qui l’on cible et ce qui est attendu dans le domaine que l’on vise. Le code vestimentaire sera par exemple important dans le domaine bancaire, moins dans un autre. Dans la même logique, il est essentiel pour un candidat de savoir parler de sa compatibilité avec le poste.»

Chasser les «parasites» qui agacent

Et pour éviter ces petits riens qui peuvent agacer, la consultante propose de travailler sur les «parasites» dans l’expression, pour augmenter les chances d’être bien perçu: un tic de langage, comme le fait de dire tout le temps «un peu» ou «du coup», faire des grands gestes…

Mais attention à ne pas en faire trop: «Si le candidat «déguise» sa personnalité, ça se sent. Ne mentez pas pour plaire, en disant par exemple que vous préférez travailler en équipe si c’est faux. Tout le monde sera perdant.» Pour Annick Deschamps, il faut rester soi-même, mais savoir s’adapter à la manière dont est conduit l’entretien par le recruteur.

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S’adapter. Une donnée d’autant plus essentielle lorsque l’on sait que faire une bonne première impression dépend aussi de la culture de son interlocuteur. «En Asie, la façon de s’adresser à quelqu’un dépendra beaucoup de sa position hiérarchique, une dimension au contraire peu importante dans le nord de l’Europe, argumente Christine Petersen. En Italie, il faut connaître le niveau d’étude de son interlocuteur: par exemple, s’il est docteur – qu’il a fait l’université –, il faut mentionner le titre correct en s’adressant à lui, sinon cela est considéré comme une offense.»

Les clés pour faire une bonne première impression ne sont pas les mêmes d’un côté à l’autre du globe. Encore faut-il déterminer si c’est une bonne nouvelle.

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