États-Unis: L’examen du plan de relance reprend au Sénat américain

Un sénateur démocrate conservateur, Joe Manchin, avait mis un coup d’arrêt surprise au vote marathon sur le plan de relance voulu par Joe Biden.

Les démocrates comptent sur une très courte majorité à la chambre haute du Congrès: 50 sénateurs contre 50 républicains.

Les démocrates comptent sur une très courte majorité à la chambre haute du Congrès: 50 sénateurs contre 50 républicains.

AFP

Après neuf heures de paralysie au Sénat, les démocrates et la Maison-Blanche sont parvenus à convaincre un sénateur modéré de voter sur un amendement de compromis concernant les allocations chômage, dans le vaste plan de relance voulu par Joe Biden. Cet accord ouvre la voie à la reprise du vote marathon à la chambre haute sur ce plan de près de 1900 milliards de dollars (1770 milliards de francs), qui devrait avoir lieu dans la nuit ou ce week-end. Une fois approuvé, il repartira à la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, pour un vote final.

Les démocrates comptent sur une très courte majorité à la chambre haute: 50 sénateurs contre 50 républicains. En cas d’égalité, la vice-présidente Kamala Harris détient une voix pour départager le vote. Leur chef Chuck Schumer s’était montré convaincu jeudi de compter sur toutes les voix de son groupe et donc de pouvoir faire adopter «cette semaine» le plan.

Mais un sénateur démocrate conservateur, Joe Manchin, a mis un coup d’arrêt surprise à l’examen du texte vendredi, signalant une nouvelle fois l’immense pouvoir des modérés dans ce Sénat sans majorité confortable. Pendant plus de neuf heures, Joe Biden et les démocrates ont négocié avec ce sénateur de la Virginie-Occidentale qui avait déclaré son opposition, avant sa mise au vote, à un des amendements concernant les allocations chômage, fruits de négociations de dernière minute et soutenu publiquement par la Maison-Blanche.

Allocations chômages prolongées

En parallèle, les républicains tentaient de gagner le soutien de Joe Manchin à leur propre amendement. «Nous sommes parvenus à un compromis qui permet à l’économie de redémarrer rapidement tout en empêchant que ceux qui reçoivent des allocations chômage soient frappés par des impôts imprévus l’an prochain», a finalement annoncé le sénateur.

Cet amendement prévoit que des allocations chômages hebdomadaires de 300 dollars (280 francs), débloquées pendant la pandémie, soient prolongées jusqu’à «fin août» (versées jusqu’au 6 septembre), a précisé Joe Manchin. Les Américains gagnant moins de 150’000 dollars (140’000 francs) par an pourront déduire de leurs impôts 10’200 dollars (9500 francs) reçus de ces aides en 2020. Cette limite n’existait pas dans le premier amendement rejeté par Joe Manchin, qui comprenait en outre une prolongation des aides d’un mois de plus, jusqu’à fin septembre.

Lecture intégrale des 628 pages

Même avant cette paralysie, l’examen du texte, entamé jeudi, s’annonçait déjà très long au Sénat. Les républicains avaient commencé par exiger la lecture intégrale de ses 628 pages, qui a duré près de 11 heures. Puis vendredi matin, les débats avaient repris avec la perspective d’un vote marathon, surnommé «vote-a-rama», lorsque chaque sénateur peut proposer des amendements.

Ce vote fleuve pourrait reprendre dans la nuit vendredi et il est impossible de prévoir quand le vote final aura lieu à la chambre haute. Les républicains ont en effet promis de présenter une centaine d’amendements mais ont la possibilité d’ajuster leur nombre pendant les débats.

Dans le détail, le plan de relance présenté au Sénat représente un coût de 1862 milliards de dollars (1733 milliards de francs) sur dix ans, selon l’évaluation des services du budget du Congrès (CBO). Soit un peu moins que la première version adoptée à la Chambre il y a une semaine et qui incluait la hausse du salaire minimum.

Le nouveau projet de loi examiné au Sénat réduit d’autre part le nombre d’Américains susceptibles de recevoir un chèque de 1400 dollars (1300 francs). Le texte comprend en outre notamment 350 milliards de dollars (325 milliards de francs) d’aide aux États et aux collectivités locales.

AFP

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