Entente cordiale entre les Etats-Unis et la Suisse

Les relations entre la Suisse et les Etats-Unis se portent à merveille et la volonté de poursuivre dans cette direction est manifeste des deux côtés. Tel est le sentiment qui s’est dégagé après la rencontre entre Donald Trump et la présidente suisse Simonetta Sommaruga mardi en marge du Forum économique mondial (WEF) de Davos. Celle-ci était accompagnée de trois autres conseillers fédéraux: Guy Parmelin (Economie), Ignazio Cassis (Affaires étrangères) et Ueli Maurer (Finances).

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Le sujet d’un éventuel accord bilatéral de libre-échange Etats-Unis-Suisse a été abordé en tout début de la rencontre. «J’aimerais avoir un accord sur le commerce, a lancé Donald Trump. Voyons ce que nous pouvons faire.» Et d’ajouter que «les deux pays travaillaient déjà sur de nombreux autres dossiers».

L’obstacle agricole

De traité commercial, lors des discussions bilatérales officielles, il n’en a pas été vraiment question. «Donald Trump a montré de l’intérêt pour nos relations économiques et pour la balance commerciale entre nos deux pays», a déclaré la cheffe du Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco), Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch, en citant notamment les produits pharmaceutiques, à l’issue de la rencontre.

Mais un accord de libre-échange? La cheffe du Seco se montre plus réservée: «Nous sommes toujours en discussions exploratoires et je reste tout à fait ouverte. Mais il y a des points, comme l’agriculture, qui restent à clarifier. Seront-ils seulement d’accord avec des contingents?» Il y a quelques années, le projet d’accord a été rangé du fait de l’opposition des paysans suisses.

La Suisse n’a toutefois pas perdu son intérêt pour un tel accord. L’an dernier, c’est Donald Trump lui-même qui avait remis l’ouvrage sur le métier à la suite d’un entretien avec le conseiller fédéral Ueli Maurer, alors président suisse. Par la suite, le Conseil fédéral avait nommé Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch comme chargée de dossier. Le Conseil national donnait en juin son feu vert pour ouvrir les négociations.

Les bons offices de la Suisse

Durant cette réunion dans la station alpine, les Américains ont aussi évoqué le commerce numérique qui recouvre les droits de douane sur l’e-commerce, la question de la protection des données, de la cybersécurité, etc. «Ils ont parlé d’un «Digital Trade Agreement», à l’image de ce qui a été signé avec le Japon. Ce serait quelque chose que l’on pourrait peut-être imaginer avec la Suisse», a fait ressortir la cheffe du Seco.

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Dans un autre registre, Simonetta Sommaruga a relevé que le président américain a expressément remercié la Suisse pour son rôle de bons offices entre les Etats-Unis et l’Iran. «Il a reconnu que nous avons contribué à la désescalade de la récente crise, a-t-elle poursuivi. Il a confiance en notre pays.» Selon la présidente suisse, les Etats-Unis souhaitent que la Suisse maintienne le canal d’aide humanitaire destiné à l’Iran.

Les Suisses, «meilleurs négociateurs du monde»

La présidente suisse n’a par ailleurs pas manqué de soulever la question climatique auprès de son interlocuteur américain qui, lui, ne cache pas son climatoscepticisme. Lors de son point de presse à l’issue de la rencontre, Simonetta Sommaruga a positivé en faisant allusion à la capacité d’innovation des Etats-Unis en matière de technologies environnementales. Selon elle, il y a des opportunités de collaboration dans ce domaine entre les deux pays. La présidente suisse avait dû pourtant insister pour discuter «quelque chose qui concerne, nous tous».

Le mot de la fin: Donald Trump a affirmé à son homologue helvétique que «les négociateurs suisses étaient les meilleurs du monde».


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