Emploi: Covid: près de 500 millions d’équivalents plein-temps perdus

Selon l’Organisation internationale du travail, le coronavirus a lourdement impacté l’emploi dans le monde.

L’Organisation internationale du travail s’attend à une dégradation sur le plan de l’emploi pour la fin de l’année.

L’Organisation internationale du travail s’attend à une dégradation sur le plan de l’emploi pour la fin de l’année.

Keystone

Les effets du Covid sur l’emploi dans le monde se détériorent encore. Les pertes sont estimées à 495 millions d’équivalents plein-temps sur six mois, a annoncé mercredi à Genève l’Organisation internationale du travail (OIT). Et les revenus du travail ont baissé de plus de 10% de janvier à mars sur un an.

Dans sa précédente évaluation fin juin, l’OIT avait estimé les pertes à 400 millions d’équivalents plein-temps de janvier à juin pour une semaine de 48 heures. Le recul annoncé mercredi est «considérablement plus important», a dit à la presse le directeur général Guy Ryder. Il atteint près de 18% par rapport à la fin de l’année dernière.

Dégradation pour la fin d’année

Pour la période de juillet à septembre, il devrait diminuer à 345 millions. Mais l’OIT s’attend à une dégradation pour la fin de l’année par rapport à sa précédente anticipation, tout en relevant que les pertes depuis le début de la pandémie sont davantage liées à l’inactivité qu’au chômage.

Le recul sur un an devrait alors atteindre plus de 8,5%, soit près de 250 millions d’emplois, au lieu des près de 5% prévus. Mais en cas de nouveau confinement, il pourrait même s’établir à 18%. La reprise pourrait être plus longue que prévu, selon un responsable de l’OIT.

Continent américain touché

Les travailleurs des pays en développement et émergents ont été très affectés, notamment dans l’économie informelle, explique l’organisation. Et alors que certains pays riches relancent des confinements limités à des zones plus pauvres, Guy Ryer appelle à des politiques qui n’étendent pas les inégalités sociales.

Les différences sont importantes entre les régions. Près de 95% des travailleurs œuvrent dans des zones où des restrictions sont toujours appliquées. Mais 32% sont confrontés à des fermetures entières des entreprises dans leur pays, sauf pour les activités considérées comme incontournables face à la pandémie.

Guy Ryder appelle à un «soutien durable» en 2021 aux emplois, aux entreprises et aux revenus. Il demande une approche mondiale de la relance. Autre indication, les revenus du travail dans le monde ont baissé de janvier en mars 3500 milliards de dollars par rapport à la même période l’année dernière, recul «sans précédent». Le continent américain est de son côté le plus affecté avec plus de 12%.

Décalage avec les pays en développement

Ces chiffres excluent les dispositifs de soutien lancés par les gouvernements pour assister les entreprises et les travailleurs. Le recul le plus important est observé dans les pays à revenus intermédiaires inférieurs, à plus de 15%.

Côté économique, plus les gouvernements ont été actifs, moins les pertes pour l’emploi sont importantes. L’ajout de 1% du Produit intérieur brut (PIB) annuel de la relance aurait diminué celles-ci de 0,8%, mais cet investissement a surtout été observé dans les États riches.

Ce décalage est encore davantage alimenté par le déficit de dispositifs de protection sociale dans les pays en développement. Et ceux-ci ont dû utiliser leurs dépenses pour atténuer d’autres effets de la pandémie que celui sur l’emploi, affirme encore l’organisation.

ATS/NXP

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