Electrotechnique: ABB poursuit sa restructuration à marche forcée

Le géant zurichois est en train «d’explorer toutes les options» pour se séparer de trois unités. Les objectifs financiers à moyen terme ont été très légèrement ajustés.

La pandémie pèse sur le groupe zurichois.

La pandémie pèse sur le groupe zurichois.

Keystone

Le géant zurichois de l’électrotechnique ABB, en pleine mutation, poursuit sa réorganisation à marche forcée. Pas moins de trois divisions sont sur la sellette et pourraient être prochainement vendues ou cotées. Les objectifs financiers à moyen terme ont été très légèrement ajustés.

«La pandémie de Covid-19 pèse toujours sur les perspectives à court terme, mais les tendances à long terme sur les marchés comme l’électrification, l’automatisation, la numérisation et l’efficacité énergétique restent intactes», a affirmé le directeur général Björn Rosengren, qui a pris les commandes d’ABB en mars.

Journée des investisseurs

ABB, qui tient ce jeudi sa journée des investisseurs, vise à moyen terme une croissance annuelle des ventes de 3-5%, contre une fourchette de 3% à 6% jusqu’à présent. La nouvelle plage de croissance comprend un tiers de croissance non organique.

La direction table toujours d’ici 2023 sur une marge opérationnelle (Ebita) de 13-16% et un rendement des fonds propres (Roce) de 15-20%. La direction prévoit aussi toujours de reverser entre 7,6 et 7,8 milliards de dollars à ses actionnaires, issus de la vente de l’unité Réseaux électriques (Power Grids) au japonais Hitachi pour 9,1 milliards. La croissance du bénéfice par action doit quant à elle être supérieure à celle des recettes.

«Toutes les options»

L’entreprise est en train «d’explorer toutes les options» pour se séparer de trois unités: les turbocompresseurs, Turbocharging (800 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2019), les moteurs et équipements de convoyage, Mechanical Power Transmission (575 millions) ainsi que les convertisseurs et ondulateurs, Power Conversion (375 millions). Le groupe ne veut cependant pas se mettre «sous pression» pour décider de l’avenir de ces activités, a souligné le nouveau patron. Ces dernières représentent environ 1,75 milliard de dollars de recettes cumulées ou 6% du chiffre d’affaires total du groupe.

Ces trois unités pourraient également être cotées en Bourse, a indiqué Björn Rosengren. «Notre objectif est de trouver la meilleure solution en matière de création de valeur pour ABB et ces divisions», a souligné le patron, ajoutant que ces unités dégageaient des marges supérieures à la moyenne du groupe.

Ces réorganisations ont permis au groupe d’atteindre avec une année d’avance l’objectif d’économies nettes de 500 millions de dollars. Et d’ici 2023, ABB compte atteindre le haut de la fourchette en matière de marge Ebita.

De petites acquisitions pas exclues

Parallèlement, ABB prévoit de réaliser cinq acquisitions par an, voire plus, de petites sociétés ou de taille moyenne, a complété le directeur financier Timo Ihamuotila. «Pas de grande surprise pour cette journée des investisseurs, mais quelques développements réjouissants», ont estmé les spécialistes de la Banque cantonale de Zurich (ZKB) dans un commentaire. La réalisation avec un an d’avance des objectifs d’économie a également été saluée.

Si pour d’aucuns l’approche d’ABB en matière d’objectifs financiers est «prudente», elle reste «pragmatique» pour les analystes de Berenberg. Revenant sur les cessions prévues, les spécialistes ont souligné l’importance au niveau des marges des trois divisions sous revue. «Leur vente pousserait les marges vers le bas, mais générerait inévitablement des liquidités plus élevées», ont-ils précisé, ajoutant s’attendre à d’autres cessions.

Les investisseurs n’ont pas semblé conquis par ces nouvelles. L’action ABB a clôturé sur une chute de 3,04% à 24,54 francs, dans un indice SMI en baisse de 0,69%. Des prises de bénéfices sont cependant envisageables, la nominative ayant progressé de 7,4% depuis le début de l’année.

ATS/NXP

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