EasyJet: l’équipe dirigeante sauve sa peau

Le fondateur de la compagnie low-cost avait proposé de limoger l’équipe dirigeante sur fond de mésentente sur la gestion du coronavirus. Les actionnaires ont refusé vendredi.

Stelios Haji-Ioannou fustigeait la décision de conserver des commandes en cours d’avions auprès d’Airbus, en pleine crise du coronavirus. Critique de longue date de la stratégie du groupe, il estimait que la société ferait mieux d’annuler cette transaction portant sur plus de 100 avions (archives).

Stelios Haji-Ioannou fustigeait la décision de conserver des commandes en cours d’avions auprès d’Airbus, en pleine crise du coronavirus. Critique de longue date de la stratégie du groupe, il estimait que la société ferait mieux d’annuler cette transaction portant sur plus de 100 avions (archives).

KEYSTONE/GEORGIOS KEFALAS

Les actionnaires d’EasyJet ont rejeté vendredi en assemblée générale la proposition du fondateur de la compagnie aérienne visant à évincer l’équipe dirigeante, sur fond de mésentente sur la gestion de la pandémie.

Les résolutions demandant notamment le départ du directeur général et du président du conseil d’administration ont été repoussées à près de 58%, selon un communiqué du groupe. EasyJet a donc reçu le soutien de la grande majorité des actionnaires indépendants, puisque le fondateur et sa famille possèdent 34% du capital.

Stelios Haji-Ioannou fustigeait la décision de conserver des commandes en cours d’avions auprès d’Airbus, en pleine crise du coronavirus. Stelios Haji-Ioannou, critique de longue date de la stratégie du groupe, estimait que la société ferait mieux d’annuler cette transaction portant sur plus de 100 avions, pour préserver ses liquidités face à la crise du coronavirus.

EasyJet avait de son côté réussi à négocier avec Airbus un accord pour repousser la livraison de 24 avions. Le groupe avait prié ses actionnaires de voter contre l’éviction des dirigeants qui l’aurait selon lui déstabilisé à un moment critique pour la compagnie.

Préserver les finances

«Je voudrais remercier les actionnaires pour leur soutien», a déclaré le président du conseil d’administration, John Barton. Il assure que la priorité du groupe est de préserver ses finances et «de faire en sorte de sortir plus fort de la crise du Covid-19».

John Barton souhaite enfin pouvoir renouer le dialogue «de manière constructive» avec Stelios Haji-Ioannou. Ce dernier a réagi aux votes des actionnaires en estimant qu’il s’agissait d’une «fraude». Il estime qu’une partie des actions du groupe est contrôlée indirectement par Airbus, ce qui l’a mis en échec selon lui.

Il précise enfin que sa campagne promettant 5 millions de livres à quiconque lui fournirait des informations pouvant faire échouer l’accord avec Airbus «a déjà donné de très bons résultats», suggérant au passage de possibles irrégularités dans la négociation du contrat.

EasyJet obtient le soutien de ses actionnaires la semaine même où il a annoncé une reprise progressive de ses vols à partir du 15 juin et révélé avoir subi en début d’année une cyber-attaque ayant affecté les données personnelles de 9 millions de clients.

(ats/NXP)


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