Cryptomonnaies: la chasse aux 136 millions se poursuit

Il y a près d’un mois qu’on recherche les 136 millions de dollars (l’équivalent en francs) que des clients avaient confiés au site d’échange de cryptomonnaies QuadrigaCX. Le 15 janvier, l’exchange canadien annonçait que son patron, Gerald Cotten, était mort en Inde le 9 décembre, alors qu’il travaillait à la construction d’un orphelinat. Or il était apparemment le seul à détenir le code d’accès à l’équivalent de 136 millions de dollars de fonds appartenant à des clients, selon Quadriga. Depuis, des spécialistes des cryptomonnaies ont mis à l’épreuve la cette version. Ils sont plutôt dubitatifs.

La thèse officielle est que les échanges de monnaies étaient effectuées via des portefeuilles électroniques connectés à internet – des hot wallet -, tandis qu’un portefeuille déconnecté d’internet – un cold wallet – aurait stocké les 136 millions. L’équivalent d’un bon vieux coffre-fort. Sauf que le code de ce coffre se trouve quelque part dans l’ordinateur de Gerald Cotten et que sans lui, impossible d’y accéder. Fin janvier, Quadriga s’est déclaré en faillite.

La blockchain montre (presque) tout

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L’avantage des cryptomonnaies, c’est qu’on peut reconstituer toutes les transactions effectuées par une adresse électronique. Or deux spécialistes ont analysé les opérations de 50 clients de Qadriga. Elles confirment l’utilisation des hot wallets de l’entreprise, mais n’offrent aucune trace de transactions vers cet éventuel coffre-fort. Autre découverte: certains comptes détenaient des montants importants, mais leur solde avait beaucoup reculé. Des fonds auraient été envoyés vers d’autres sites d’échange de cryptos jusqu’à mi-janvier. Enfin, Quadriga a pu rembourser certains clients, mais seulement après que d’autres ont effectué de nouveaux dépôts.

En attendant les conclusions de l’enquête officielle, deux scénarios semblent possibles. Soit Gerald Cotten est toujours suffisamment vivant pour s’être enfui avec l’argent . Soit ses successeurs à la tête de son entreprise mentent et quelqu’un essaie de tirer profit de son décès pour arnaquer les clients. Selon des médias canadiens, la veuve de Cottent a changé deux fois de nom de famille ces dernières années et détient un patrimoine immobilier valant plusieurs millions.

Un moyen d’y voir un peu plus clair serait que Qadriga publie l’adresse du supposé cold wallet. Tout le monde pourrait ainsi vérifier sur la blockchain si des transactions ont été effectuées vers ce coffre-fort. A Quadriga de jouer, donc.

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