Coûts de la santé: gesticuler contre la fumée ou éteindre les flammes?

L’annonce des primes donne souvent lieu au même malentendu: les différents commentateurs jurent qu’on ne les y reprendra plus, que trop, c’est trop, que décidément la hausse des primes a franchi un point de non-retour et qu’il convient d’y remédier séance tenante. Dans cet élan d’indignation, on confond causes et conséquences et tous s’accordent pour combattre la fumée avec la dernière énergie, sans penser à éteindre les flammes; on fustige les primes, oubliant que c’est au niveau des coûts qu’il faut agir.

Nous avons vu cette année deux exemples de cette confusion. Premièrement, les gouvernements de deux cantons dans lesquels la hausse des primes était supérieure à la moyenne se sont empressés d’affirmer que cette hausse était injuste, qu’ils ne la comprenaient pas et qu’il fallait faire toute la lumière sur le calcul des primes. Le fait est que ce processus est en réalité déjà surveillé avec la plus grande minutie par l’OFSP, qui reçoit les propositions de primes des assureurs, vérifie leurs calculs et c’est bien l’OFSP qui, in fine, fixe les primes. Certains cantons semblent donc surtout jaloux des prérogatives de la Confédération en la matière. Et tant pis s’il faut laisser entendre au passage que le calcul des primes est obscur et la surveillance défaillante.

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