Coût de mesures d'urgence estimé à 35 milliards

Le Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich a fait ses calculs quant aux coûts pour l’économie suisse des mesures mises en oeuvre pour contenir la propagation du coronavirus. Dans le «pire des cas», soit une prolongation de ces dernières jusqu’en juin, notamment la perte en valeur ajoutée pourrait se monter à 35 milliards de francs, minimum.

Dans ce cas, la création de valeur en Suisse se réduirait à court terme, soit entre mars et juin, de près de 15% par rapport à une évolution normale, écrivent mardi les chercheurs de l’EPFZ. Dans le cas du plus favorable des quatre scénarios élaborés par le KOF, soit l’extension des mesures d’urgence jusqu’en mai, la perte est évaluée à pas moins de 22 milliards de francs.

Pour leurs quatre hypothèses de travail, les prévisionnistes zurichois ont retenu les critères de la durée des mesures d’urgence, soit un mois ou leur extension à deux mois, ainsi que celui de l’affaiblissement de la conjoncture mondiale, entre fort et très fort.

Les mesures mises en oeuvre par le Conseil fédéral pour lutter contre la pandémie n’expliquent qu’une partie des coûts, une part considérable entre 44 et 71% étant à mettre au compte des absences au travail ainsi qu’au ralentissement de la conjoncture mondiale. Pour la plupart des scénarios, le tassement de la demande internationale et les goulets d’étranglement de l’offre représentent pas moins de la moitié des pertes à court terme pour l’économie, note le KOF.

Critère décisif

Actuellement, de nombreux Etats se trouvent dans la phase d’une quasi-paralysie de la vie sociale et économique. A celle-ci devrait succéder un épisode de retour à la normale, à la faveur de la levée partielle ou totale des restrictions et fermetures. Toutefois, ce dernier aurait aussi un coût pour l’économie, en raison de pertes de jours de travail pour cause de maladie et de quarantaine.

Quel que soit le scénario retenu, le KOF relève que les secteurs les plus touchés restent ceux du commerce, des transports ainsi que de l’hôtellerie et de la restauration. Pour ces derniers, une baisse de la valeur ajoutée entre 15 et 25% est attendue entre mars et juin.

Le secteur de la construction devrait lui présenter les replis les moins importants, ceux-ci dépendant du nombre de salariés qui tombent malades ou doivent être mis en quarantaine. Dans l’industrie et les services liés aux entreprises, en revanche, la forte dépendance à l’égard de la conjoncture économique internationale constitue le critère décisif.

Scénario défavorable

Selon l’étude, le taux d’infection et le nombre de personnes touchées par les mesures de quarantaine représentent les facteurs les plus importants en matière de coûts durant la phase de retour à la normale. Ceux-ci pourraient représenter jusqu’à 38% de la perte totale de valeur ajoutée dans le cadre d’un scénario défavorable.

D’un point de vue économique, le KOF juge impératif de lever le plus rapidement possible, ou à tout le moins partiellement, les fermetures d’usines. Pour ce faire, il est cependant nécessaire de pouvoir garantir un taux de propagation inférieur à 1, ce qui signifie que chaque porteur du virus infecte moins d’une personne. Cela nécessite des tests efficaces et des méthodes efficaces de suivi, d’isolement et de quarantaine.

Les auteurs de l’étude se sont limités aux effets directs à court terme et n’ont pris en compte que la période allant de mars à juin de cette année. Les coûts à moyen et long terme ne sont explicitement pas pris en compte. (ats/nxp)

Créé: 07.04.2020, 16h41

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