Coup de pression américain sur la banque Mirabaud

Mirabaud a-t-elle vraiment cherché à établir à qui appartenait in fine 1 milliard déposé en plusieurs fois chez elle à partir de 2010? C’est en substance ce que cherche à savoir le sénateur américain Ron Wyden, dans une lettre datée du 15 septembre et disponible en ligne, qui pose des questions embarrassantes à la banque privée genevoise. Car ce milliard n’a pas été déclaré au fisc américain par l’entrepreneur texan Robert Brockman, qui est accusé depuis octobre 2020 d’avoir dissimulé 2 milliards de dollars et soustrait des centaines de millions d’impôt. Mirabaud se trouve ainsi aspirée dans le plus important cas de fraude fiscale concernant un individu de l’histoire des Etats-Unis. Contactée par Le Temps, la banque affirme avoir été trompée dans cette histoire et n’avoir jamais su que cet entrepreneur milliardaire se trouvait derrière les comptes abritant cet argent.

«Je suis profondément préoccupé par la durée et l’ampleur de cette fraude fiscale présumée», explique notamment le sénateur Ron Wyden. Il affirme vouloir comprendre les mécanismes utilisés dans ce dossier, qui commence en 2010 avec l’ouverture d’un compte chez Mirabaud par deux prête-noms de Robert Brockman. L’un d’eux, un avocat, collabore dorénavant avec la justice américaine, qu’il a apparemment éclairée sur le réseau de structures offshore utilisé pour éviter de déclarer ces avoirs.

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