Coronavirus: un annuaire pour soutenir les petits commerçants

Au départ, il s’agissait de donner de la visibilité à la maraîchère ou à l’épicier du coin, qui continuent de vendre leurs produits pendant la crise sanitaire, en créant un annuaire en ligne. L’e-commerçant vaudois QoQa a ensuite eu l’idée de vendre des bons d’achat à utiliser dans ces commerces, via cette plateforme nationale baptisée direQt, qui sera mise en ligne jeudi dans la journée. «Pour chaque bon acheté, le client bénéficie d’un rabais de 10%», précise au Temps Pascal Meyer, fondateur de QoQa. «Le commerçant sera, quant à lui, payé dans son intégralité. Et une fois la pandémie passée, il recevra une aide supplémentaire correspondant au 20% de chiffre d’affaires réalisé via la plateforme», ajoute-t-il.

Pour les échoppes qui ont dû fermer – salons de coiffure et d’esthétique, boutiques de vêtements, restaurants – la plateforme propose de leur venir en aide avec des donations. Sans le rabais de 10% cette fois pour l’acheteur, mais avec le même retour de 20% pour le bénéficiaire au terme de l’opération.

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Un soutien financé par les assureurs Vaudoise Assurances et la Fondation Groupe Mutuel, qui ont chacun contribué à hauteur d’un million de francs. L’e-commerçant vaudois prend à sa charge les frais liés au paiement par cartes de crédit. Il a en outre mis à contribution ses propres développeurs pour la création du site. «Ils ont travaillé d’arrache-pied depuis vendredi dernier pour que tout soit prêt ce jeudi», relève Pascal Meyer, qui chiffre l’équivalent en coûts humains à 200 000 francs.

Un millier d’inscrits

«Le but, c’est d’encourager les gens à consommer chez les commerçants locaux, poursuit Pascal Meyer, pour aider ces entrepreneurs à tenir le coup le temps que durera la crise et qu’au moment où l’activité reprendra ils bénéficient d’une relance.»

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Les commerçants intéressés peuvent d’ores et déjà s’inscrire sur la plateforme. Près de 1100 se sont annoncés, après un premier appel en fin de semaine dernière sur les réseaux sociaux. Chaque demande est contrôlée, pour éviter les abus. L’entrepreneur compte en recenser jusqu’à 5000.

Il espère en outre attirer davantage d’investisseurs pour soutenir le projet. «Ces 2 millions nous permettent de financer les rabais aux clients et soutien aux commerçants pour environ 7 millions de chiffre d’affaires réalisés via l’opération. Il nous en faudra sans doute davantage», insiste-t-il.

D’autres plateformes proposent des bons

D’autres plateformes de soutien ont déjà vu le jour, initiées par des jeunes, proposant l’achat de bons chez le commerçant de son choix, utilisables à la réouverture de l’établissement. «L’argent est immédiatement transféré au commerçant, pour lui permettre de payer ses frais fixes», peut-on lire sur le site #ensemble19.ch, qui compte à ce jour 206 échoppes inscrites – tatoueurs, magasins de sport, carrosseries – partout en Suisse romande.

ToutDeBons fonctionne selon le même principe, avec des offres en Valais, à Fribourg et dans le canton de Vaud. Des plateformes régionales se sont aussi créées, comme Soutien aux commerçants valaisans, ou Soutien aux commerçants fribourgeois, pilotées par les antennes locales du réseau d’entrepreneurs Jeune Chambre internationale (JCI).

Toutes ces initiatives sont gratuites et visent à soutenir les commerçants pendant la période de restrictions. Fondées sur le principe de la solidarité, elles n’offrent pas de remboursement en cas de faillite du commerçant, est-il précisé.

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