Commentaire : La fin d’un monde

La privatisation de PostFinance ne pouvait plus être écartée depuis longtemps déjà.

PostFinance va tenter de vivre seule, comme une grande, sans le soutien de la Confédération. Cette géante bancaire (à l’échelle de la petite Suisse) n’avait plus d’autre choix. Son statut hybride avec La Poste devenait toxique au plan financier. La filiale PostFinance va mal. Elle n’est plus depuis cinq ans la vache à lait qui a permis pendant des décennies de camoufler les déficits structurels et inquiétants du groupe La Poste. Une privatisation partielle? Elle n’était pas compatible avec les règles d’une concurrence loyale entre acteurs privés et aurait été un obstacle majeur avec l’Union européenne (l’UE assimile les banques en mains publiques à des aides indirectes prohibées). Le Conseil fédéral s’est donc résolu à se séparer d’une activité bancaire dont l’utilité matérielle n’existait plus en réalité avec le développement des systèmes de paiement électroniques, soit depuis une trentaine d’années. C’est dire que Berne aura mis du temps à trancher! Les chances de succès d’une PostFinance privatisée? Elles existent mais le contexte est devenu difficile dans un pays surbancarisé.

Très vite, c’est la question du financement du service public de La Poste qui devrait alerter le parlement. Ici aussi, le besoin de réformes est criant mais largement ignoré. Les enjeux posés par la libéralisation du trafic des colis et la vague du tout numérique exigent une réflexion courageuse sur ce qui relève encore ou pas de la mission obligatoire de La Poste. À trop attendre, la réalité finit par ne laisser aucune marge de manœuvre à l’État, comme le Conseil fédéral vient d’en faire l’expérience avec PostFinance.


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