Cette organisation mérite-t-elle ma loyauté?

OPINION. Depuis la fin de la loyauté automatique et réciproquement exigée entre employeurs et salariés, cette valeur toujours clamée comme étant si importante est en perte de sens. Aujourd’hui, la loyauté est un choix. Tout choix impliquant une responsabilité, il est nécessaire, pour l’entreprise autant que pour le collaborateur, de s’interroger sur les fondements et la pertinence de ses liens de loyauté

Naguère, lorsque le salarié d’une entreprise pensait, dès l’embauche, s’engager pour un emploi à vie, la question de la loyauté ne se posait même pas. En général, les collaborateurs étaient dévoués envers leur entreprise et les dirigeants pouvaient escompter une loyauté absolue, valeur intrinsèque à la culture du travail en Suisse et phare au sein des générations traditionalistes.

Or, depuis les vingt dernières années, le monde a changé. Les employeurs n’étant plus en mesure de tenir les engagements de l’emploi à vie, les obligations mutuelles sont remises à plat. Une fois posée la contrainte légale de fidélité envers l’employeur, la loyauté et la confiance se négocient: pour l’entreprise, au travers de conditions de travail encourageant les collaborateurs à une certaine fidélité; pour les salariés, au travers d’un engagement, d’une mobilisation de leurs ressources personnelles et d’une prise d’initiative au service de l’entreprise.

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