Catch a Car, une voiture pour les adeptes des trajets courts et urbains

Emprunter une voiture via son téléphone, prendre le volant puis la déposer sur une place libre une fois arrivé à destination: Catch a Car repose sur le principe du free-floating. Ce système de véhicules en libre-service se distingue par son absence de stations fixes.

Quatre ans après son apparition à Bâle, l’institut des systèmes de transports de l’EPFZ a analysé les habitudes des usagers de Catch a Car, sur mandat de l’entreprise. Cette étude, dont les résultats ont été présentés à Bâle jeudi, s’est intéressée à 508 clients de cette plateforme, comparés avec 580 abonnés de Mobility, et, en guise de groupe de contrôle, 354 citoyens bâlois qui n’emploient aucune de ces prestations.

Cinq cents voitures individuelles en moins

Résultat: 33% des usagers interrogés disent avoir moins recours à leur véhicule depuis qu’ils utilisent Catch a Car, 6% indiquent avoir réduit le nombre d’automobiles en leur possession et 11% affirment qu’ils achèteraient une voiture si ce service venait à disparaître. Par extrapolation, l’étude estime que la présence du prestataire a permis de réduire le parc automobile de 500 véhicules privés à Bâle et d’économiser 175 tonnes de CO2. En tenant compte des 150 voitures ajoutées, cette analyse estime à 350 le nombre de voitures en moins dans la cité rhénane, depuis 2014.

Le système remplit un vide. La nuit, l’usager va préférer faire appel à ce système plutôt que d’attendre un bus

Kay Axhausen, responsable de l’étude

Catch a Car remplace aussi une part des trajets effectués en transports publics: 28% des clients affirment emprunter moins souvent le bus et le tram depuis qu’ils sont clients. «Le système remplit un vide. La nuit, l’usager va préférer faire appel à ce système plutôt que d’attendre un bus», souligne Kay Axhausen, responsable de l’étude. Ce qui fait dire au chercheur que ce système ne concurrence pas les transports en commun, mais les complète.

L’étude de l’EPFZ s’est aussi intéressée au profil type du client de Catch a Car: jeune (la moitié a moins de 38 ans), diplômé et actif, il parcourt en moyenne 40 kilomètres par jour – contre 30 dans le groupe de contrôle. Près de la moitié des adeptes de la plateforme de véhicules en libre-service utilisent aussi les transports publics (21% possèdent un abonnement général) ou le vélo.

En général, l’adepte du covoiturage fait appel à Catch a Car moins d’une fois par semaine pour des déplacements courts en ville (10 kilomètres en moyenne) liés aux loisirs ou aux achats, pour se rendre au travail, rejoindre la gare ou l’aéroport. Dans 59% des cas, il estime ce moyen de transport plus rapide.

Vers une flotte entièrement électrifiée

Le paiement – 38 centimes par minute, 18 francs pour une heure ou 88 francs la journée – se fait par carte de crédit. Un tarif qui couvre l’entretien du véhicule, les assurances, le plein ou la recharge. Catch a Car a en effet annoncé jeudi l’introduction de 30 voitures électriques à Bâle. Une démarche facilitée par la décision des autorités d’équiper 11 parkings de stations de charge. Le prestataire compte électrifier l’ensemble de sa flotte, à Genève également, où il compte 100 voitures fonctionnant au biogaz.

Le prestataire de covoiturage espère s’étendre dans d’autres villes en Suisse. A Zurich, la décision est entre les mains du parlement communal, qui devrait se prononcer courant novembre sur une motion réclamant d’adapter le règlement sur les parkings pour permettre à ce type d’offre de s’installer.

Des contacts ont également été pris à Lausanne. La ville vaudoise n’a pas encore pris position mais fait part de son intérêt pour ce système qui «contribue à faire baisser de manière significative le taux de motorisation en milieu urbain».

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