Boom en Suisse: En 2020, Tesla a vendu plus de Model 3 que VW de Golf

En deux ans, 10’000 de ces électriques californiennes ont trouvé preneur en Suisse. Au point de devenir numéro deux des ventes.

Les Tesla sont de plus en plus nombreuses sur les routes suisses.

Les Tesla sont de plus en plus nombreuses sur les routes suisses.

Unsplash/Stefan Lehner

C’est un sentiment diffus éprouvé en les contemplant reprendre des forces, avant la montée vers les stations, sur l’aire de Martigny. Ces voitures électriques commencent à faire leur trou dans le trafic.

Impression confirmée par le pointage fourni par Tesla en fin de semaine: débarquée en février 2019 en Suisse, la voiture la moins chère de la marque californienne – sa Model 3, à plus de 50’000 francs tout de même – s’est vendue à 10’000 exemplaires depuis. Selon une source au fait du marché, près de 30% des ventes seraient conclues en Suisse romande, les concessions de Genève et de Lausanne faisant partie des trois plus actives, après Zurich.

Entrée dans le top 3

Qu’on rêve d’en conduire une ou qu’on souffre du blues du V8, le chiffre ne cesse de surprendre. L’an dernier, la berline au masque de plastique s’est même arrogé le titre de deuxième voiture la plus vendue du pays. Pas très loin de l’omnisciente Skoda Octavia. Et surtout devant chacun des membres du duo Tiguan-Golf, chez VW. Oui, l’inépuisable Golf, clonée à 30 millions d’exemplaires. Impensable il y a encore dix-huit mois.

«La Suisse est l’un de nos marchés européens les plus importants.»

Tesla, porte-parole

Un représentant de la marque a ainsi beau jeu d’assurer que «la Suisse a toujours été l’un de [nos] marchés européens les plus importants», sur lequel l’expansion «se poursuit tambour battant». Son réseau de recharge rapide a été étendu à plus de vingt Superchargers, soit «l’un des plus denses en Europe».

En ajoutant les 3000 Renault Zoé écoulées, quelque chose a bien basculé l’an dernier. Alors que l’activité des concessions s’écroulait de 25% en raison de la pandémie, les ventes de pures électriques ont, elles, bondi de 8%.

Mais on est encore loin de la voiture du peuple. Le dernier recensement fédéral, en septembre, montre que les tout-électriques représentent moins d’un véhicule en circulation sur cent, à Genève comme dans le canton de Vaud. «De nombreux clients hésitent à opter pour un [véhicule] sans moteur à combustion», note Auto-Suisse, qui prévient que la ruée de 2020 pourrait ne pas se répéter.

Un demi-million pour commencer

L’ambition d’«Elon» – comme ses groupies appellent le fondateur de Tesla, désormais l’homme le plus riche du monde – était de franchir le cap des 500’000 voitures en 2020. Barre atteinte à la sortie de ses usines mais ratée d’un poil au niveau des livraisons.

Que signifie un demi-million? À titre de comparaison, la Jeep Renegade s’est vendue à 700’000 exemplaires depuis 2014. Surtout, dans l’électrique, Nissan a également livré un demi-million de son invisible Leaf.

Pour les adeptes du culte Tesla – que ce soit pour les véhicules ou les actions, renchéries de 700% en un an à Wall Street –, comparer, c’est blasphémer. Peu importe que des dizaines de marques soient sur ses traces – à commencer par une Audi e-tron Sportback à 80’000 francs. Les analystes les plus fidèles promettent 5 millions de véhicules en fin de décennie. Ce qui transformerait Tesla en un Nissan ou un Honda. Cela ne serait qu’un début, bien sûr.


monchange.ch