Blanchiment: Boris Collardi reçoit un blâme de la Finma 

Après la banque elle-même, ses dirigeants. En février 2020, la Finma avait posé un verdict accablant sur les agissements de Julius Baer dans les affaires de corruption présumées liées au groupe pétrolier vénézuélien PDVSA et à la FIFA, la fédération internationale de football, pour les années 2009 à 2018. L’Autorité de surveillance des marchés avait alors mentionné de «graves manquements», des «comportements fautifs» et de «grave violation des règles» dans la lutte contre le blanchiment.

Ce jeudi matin, la Finma a livré ses conclusions concernant les responsabilités individuelles de quatre hauts dirigeants de Julius Baer à l’époque des faits. Deux d’entre eux reçoivent un blâme, dont Boris Collardi, actuellement associé-gérant de la banque Pictet à Genève. 

Une autre enquête en cours

La Finma a lancé une procédure dite d’«enforcement» (remise en conformité) contre un autre banquier de Julius Baer. Le communiqué de la Finma ne mentionne aucun nom, seulement qu’il s’agit de «managers haut placés». L’Autorité de surveillance a aussi renoncé à ouvrir une procédure contre un autre cadre de Julius Baer au moments des faits, car celui-ci s’est engagé à ne plus occuper de fonctions dirigeantes dans un établissement financier. Ce type d’engagement avait été pris par l’ancien patron du groupe Raiffeisen, Pierin Vincenz; l’autorité de surveillance avait alors mis fin à sa procédure contre lui, fin 2017.

Boris Collardi «satisfait»

Dans une prise de position envoyée au Temps, Boris Collardi s’est dit «satisfait d’apprendre la fin de la procédure de clarification de la FINMA» en ce qui le concerne, tandis que Pictet déclare soutenir son dirigeant, «qui a toute (sa) confiance». Boris Collardi avait rejoint en 2018 le groupe bancaire genevois, en tant qu’associé. 

Dans son communiqué, la Finma souligne la difficulté d’établir la responsabilité «directe, individuelle et causale» des dirigeants bancaires dans ce type d’affaires. Concernant les deux banquiers frappés d’un blâme, l’autorité de surveillance relève «des erreurs», mais pas d’éléments prouvant leur responsabilité directe dans les manquements en matière de respect des pratiques anti-blanchiment. En cas de responsabilité avérée, la Finma peut prononcer des interdictions d’exercer pour une durée allant jusqu’à 5 ans. Un blâme constitue «la forme la plus légère par laquelle une autorité manifeste son mécontentement», selon le site de la Finma.

En juin 2020: La presse alémanique veut la peau de Boris Collardi

 

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