BCGE: remboursement et recapitalisation

La Banque Cantonale de Genève va sortir renforcée par le plan de remboursement et de recapitalisation déposé sous forme de projet de loi devant le Grand Conseil. Qui paie ses dettes s’enrichit. Elle va sortir de sa situation irrégulière en inscrivant au passif de son bilan sous forme de prêt subordonné les fonds qu’elle a encaissés et qui lui ont été versés sans base légale. Elle n’aura plus un bilan manipulé au point que sa dette envers l’État n’y figure pas! Un fait! Ces fonds lui ont permis d’acquérir des biens nouveaux d’une valeur supérieure de 55% à ceux cédés. Un gain énorme. Avec d’autres avances, elle a reçu 2,2 milliards (2 226 324 218 francs exactement) au 31 décembre 2016 sans les intérêts courus. La situation sera régularisée par sa mise au bénéfice d’un plan de remboursement et de recapitalisation d’une très grande générosité s’étalant sur trente ans. Un grand geste de l’État envers sa banque et ses apports à l’économie genevoise.

Les remboursements seront progressifs et conformes à la loi d’assainissement 8194. Ce qui augmentera ses fonds propres chaque année jusqu’à l’achèvement du plan. Vingt ans pourront peut-être suffire selon les résultats. Le prêt subordonné sera rémunéré à 3%, les actions à 6%, au moins. La croissance de ses bénéfices annuels bruts continuera à un rythme normal, moins spectaculaire que celle qui a été atteinte durant des années. Des bénéfices, aussi magiques que mensongers, réalisés en refusant de rémunérer et de rembourser les fonds qu’elle a reçus et qui demeurent camouflés, cachés à son bilan. Ses fonds propres pourront doubler, voire bien plus si l’on se réfère à la croissance moyenne de ses bénéfices bruts sur plusieurs années, avant intérêts et amortissements. Une croissance qui a été de 16% en 2017, de 5 à 6% en moyenne annuelle sur vingt ans. Celle de 4% prévue au plan est très modérée. Elle est retenue par prudence au cas où les revenus des banques faibliraient à cause de la conjoncture générale. Le bien-fondé du plan a été soutenu, et en tout cas jamais contesté, lors des nombreux contacts établis depuis des années avec des représentants politiques de toutes tendances et des spécialistes de la banque, mais il n’a pas été mis en œuvre, par manque de courage et de vérité face aux pressions subies, à l’exception du projet de loi présenté par M. Batou, député, qui l’a étudié avec une grande rigueur et en toute indépendance,

Un projet de loi qui n’est ni de droite ni de gauche. Tout le monde est gagnant: les citoyens, les contribuables, les actionnaires, les impôts, l’économie genevoise. La justice aussi. L’enrichissement illégitime de la banque sur le dos des contribuables va cesser. Si le Grand Conseil refuse que l’État soit rémunéré et remboursé par la banque pour les fonds qu’il a empruntés et lui a versés, son endettement se poursuivra à raison de 100 à 150 millions de francs par année, sans limites dans le temps. Voir graphique. Il y a grande urgence que la Commission des finances s’en occupe. Je suis à sa disposition, comme annoncé dans votre journal. (TDG)

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