Banque: En 1997, la fusion UBS-SBS crée le choc

La nouvelle entité, United Bank of Switzerland, mettra le cap sur la banque d’affaires et de trading jusqu’à la crise des subprime de 2007.

La fusion entre UBS et SBS se traduira par la suppression de 13’000 emplois dans le monde (ici une manifestation dans les rues de Genève le 23 décembre 1997).

La fusion entre UBS et SBS se traduira par la suppression de 13’000 emplois dans le monde (ici une manifestation dans les rues de Genève le 23 décembre 1997).

Patrick Aviolat/KEYSTONE

Dans les années 90, une course s’engage à l’échelle internationale afin de figurer parmi les leaders mondiaux du secteur bancaire, et c’est dans ce contexte que tombe, le 8 décembre 1997, la nouvelle qui ébranle la place financière suisse: l’Union de banques suisses (UBS) et la Société de Banque Suisse (SBS) publient les bans d’un futur mariage.

Les deux parties ont des profils très différents: UBS, très helvétique, très hiérarchisée, classique, un peu rigide, disposait de réserves de capital très importantes. À l’inverse, SBS manquait de liquidités pour donner vie aux multiples projets d’investissements et de diversification qui étaient la marque de fabrique d’un établissement imprégné de culture anglo-saxonne.

Le processus prendra plusieurs mois à être finalisé, et ce n’est que le 29 juin 1998 que la nouvelle UBS (United Bank of Switzerland) entame ses activités commerciales, une fois les actionnaires respectifs gagnés à la cause, et obtenues les autorisations de la Commission fédérale des banques, de l’autorité new-yorkaise de surveillance des banques et de la Federal Reserve Board américaine. La facture sociale est salée: dans la première année qui suit cette mégafusion, 13’000 postes sur les 55’000 que compte la nouvelle entité sont supprimés, dont 7000 en Suisse, et 1800 licenciements prononcés.

Dans les chiffres, plutôt qu’une fusion, il s’agit en fait d’une prise de contrôle de la SBS par UBS, les parts s’établissant à 40% et 60%. Mais c’est la culture d’entreprise de la SBS qui va l’emporter, incarnée par l’arrivée de Marcel Ospel à la tête de United Bank of Switzerland. Celle-ci acquiert vite une stature mondiale de premier plan, atteignant un bénéfice record de 14 milliards de francs en 2005. Mais deux ans plus tard, une perte de 4,4 milliards pour avoir trop investi dans les titres immobiliers américains contraindra le Conseil fédéral et la Banque nationale suisse à lancer l’opération de sauvetage du 16 octobre 2008. La création d’une société de portage financée par la BNS permettra à l’établissement d’y transférer près de 60 milliards d’actifs problématiques.

Rappelons qu’en 1993, Credit Suisse, qui pourrait être racheté par UBS, naissait du rachat de la Banque populaire suisse (BPS) par Crédit Suisse (avec accent!), opération également qualifiée, à l’époque, de plus grosse acquisition jamais vue dans le secteur.


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