Avant le feu vert officiel, SwissCovid a été téléchargée plus de 50 000 fois

Elle n’a pas encore été lancée officiellement, mais plus de 50 000 Suisses l’ont déjà téléchargée. SwissCovid, l’application helvétique de traçage des contacts pour lutter contre le coronavirus, est déjà une réalité pour de nombreuses personnes. Mais ce ne sera pas avant la semaine prochaine, au plus tôt, que l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) donnera son feu vert pour son utilisation par tout le monde. Ce mercredi, l’application a franchi une nouvelle étape: le Conseil des Etats a accepté la loi permettant sa mise à disposition de manière globale.

L’application progresse ainsi, ces jours, sur deux niveaux en parallèle: sur le terrain politique et sur celui de l’expérimentation, puisqu’une phase de test pilote a démarré le 25 mai auprès du personnel de l’EPFL, de l’EPFZ, d’administrations publiques et de services de santé.

Article plébiscité

Sur le plan politique, le Conseil des Etats examinait mercredi matin le projet de modification urgente de la loi sur les épidémies. Sur demande des deux Chambres, le Conseil fédéral a élaboré un nouvel article spécifiquement consacré au système de traçage de proximité, afin d’assurer une base légale solide, plutôt que de se contenter d’une ordonnance. L’article, dont la durée de vie sera de deux ans, a été plébiscité par les sénateurs: 43 oui, un non et une abstention. La prochaine étape, ce sera l’examen de ce même article de loi, lundi prochain, par le Conseil national – ce qui devrait là aussi être une formalité.

L’application devrait ensuite être mise à la disposition de tous entre mi et fin juin. «Il ne faut pas que l’ordonnance actuelle sur laquelle se basent les tests soit utilisée après fin juin», a averti mercredi Alain Berset. Le conseiller fédéral veut ainsi un feu vert officiel pour l’application ce mois encore, «mais il faut d’ici là trouver les défauts au sein de l’application et les régler», a poursuivi le ministre chargé de la santé.

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Poursuites pénales

Alain Berset l’a répété mercredi: SwissCovid apporte un élément supplémentaire à la méthode classique de traçage des contacts, «car vous ne connaissez pas forcément le nom des personnes que vous côtoyez dans le train ou au restaurant de manière proche». Le ministre a aussi insisté sur la base volontaire pour installer l’app: des poursuites pénales seront engagées si un employeur, un restaurateur ou un tenant de magasin veut l’imposer. Le conseiller fédéral a pris par ailleurs note de la volonté du Conseil des Etats (36 votes pour, 7 contre, deux abstentions) que le test de dépistage soit gratuit pour les personnes alertées par l’application.

Voilà pour le volet politique et légal. Sur le terrain, l’application poursuit son déploiement. Fin mai, elle avait été mise à la disposition de tous sur le magasin d’applications Play Store d’Android. Pour les iPhone, une première phase de test restreinte avait permis à 10 000 personnes de la télécharger. Mais depuis le 2 juin, SwissCovid est disponible pour tous les propriétaires d’iPhone (équipés de la version 13.5 du système iOS). Contacté mercredi, l’OFSP dénombrait, à la date du 2 juin, 36 000 téléchargements pour Android et plus de 10 000 sur iOS, mais sans compter les nouveaux téléchargements sur iOS depuis mardi. Le nombre total est donc très certainement supérieur à 50 000.

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Utilisation bridée

Pour l’heure, affirmait mercredi l’OFSP, aucun cas positif n’a été signalé via l’application. Mais attention, si tout le monde peut désormais utiliser l’application, seules les personnes officiellement désignées pour la phase de test – personnel des EPF, etc. – peuvent véritablement faire partie de l’écosystème de traçage. «La condition de base de la phase pilote est que seules les personnes appartenant à certains groupes clairement définis puissent participer au projet, détaille un porte-parole de l’OFSP. Seules ces personnes recevront un «CovidCode» en cas de test positif au Covid-19 afin d’informer les autres utilisateurs d’un éventuel contact via l’application.» Télécharger l’application et activer le traçage d’un clic n’assurent ainsi pas, avant le lancement officiel ces prochains jours, une participation effective à ce système.

Pour l’heure, impossible de prédire le nombre d’utilisateurs de SwissCovid ces prochaines semaines. En France, l’application comparable StopCovid a été lancée mardi. Mercredi matin, elle était en tête des téléchargements en France sur les magasins d’applications de Google et d’Apple, d’après la société spécialisée AppAnnie. Selon le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O, le nombre de téléchargements avait atteint les 600 000 mercredi.

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