Après la Lune, dur retour sur Terre pour Musk

Le milliardaire Elon Musk se retrouve dans le viseur de la justice américaine à cause de son constructeur de voitures électriques Tesla.

Peu de jours passent sans nouvelles du fantasque homme d’affaires: Tesla a confirmé mardi que le ministère américain de la Justice enquêtait après un tweet d’Elon Musk évoquant début août son intention de retirer le groupe de la cote et assurant avoir, pour réaliser l’opération, un «financement assuré».

Le titre s’était alors envolé et les investisseurs qui avaient parié de longue date sur la baisse du titre – estimant que M. Musk promettait beaucoup et tenait peu – ont perdu beaucoup d’argent.

«Le mois dernier, après l’annonce par Elon (Musk) qu’il songeait à retirer l’entreprise de la cote, Tesla a reçu, de la part du ministère de la Justice, une demande de documents (à fournir) volontairement et (Tesla) s’est montré coopératif et y a répondu», a indiqué à l’AFP un porte-parole du groupe, confirmant des informations de l’agence Bloomberg.

Plongeon en bourse

Toutefois, «nous n’avons pas reçu d’assignation, ni de demande de déposition ou autre procédure formelle», a-t-on poursuivi de même source.

Le groupe a depuis abandonné l’idée de quitter la Bourse et l’action a perdu jusqu’à 30% de sa valeur.

Ce tweet vaut aussi à Tesla et à son patron des poursuites de la part d’investisseurs estimant avoir été trompés et, selon les médias américains, le groupe est visé pour les mêmes faits par une enquête du gendarme des marchés financiers, la SEC.

Les autorités boursières voudraient en particulier savoir si les intentions de M. Musk et ses déclarations sur le financement étaient bien réelles.

L’annonce de l’enquête de la justice mardi a fait perdre au titre 3,5% à 284,96 dollars. L’action Tesla est régulièrement chahutée au gré des déclarations d’Elon Musk, qui suscitent régulièrement la controverse.

Whisky, cannabis et fusées

Elon Musk reconnaissait dimanche sur Twitter – son moyen de communication de prédilection – que le dernier modèle de la firme – le Model 3 -, qui a connu des retards de production aujourd’hui résolus, connaissait désormais des retards de livraison tout en promettant une amélioration «rapide».

Il y a dix jours, il faisait parler de lui avec une interview déjantée, buvant du whisky et fumant du cannabis (qui est légal en Californie) tout en évoquant la conquête spatiale ou la fin du monde avec l’animateur Joe Rogan.

D’autres tweets, d’une toute autre nature, lui valent des ennuis judiciaires: le milliardaire de 47 ans est poursuivi en justice pour diffamation après avoir traité de pédophile un spéléologue britannique qui avait aidé au sauvetage d’enfants thaïlandais coincés dans une grotte cet été, selon un communiqué de l’avocat du plaignant diffusé lundi.

En août, Elon Musk avait révélé son état d’intense fatigue et de stress lors d’un entretien au «New York Times», qui le décrivait comme «passant du rire aux larmes» au cours de la conversation.

Autant d’éléments de nature à renforcer les doutes de certains analystes sur son équilibre mental et sa capacité à diriger Tesla qui, par ailleurs, perd beaucoup d’argent.

La semaine avait pourtant bien commencé pour Elon Musk, qui a annoncé en grande pompe lundi près de Los Angeles le nom du premier touriste qui sera envoyé autour de la Lune par sa compagnie spatiale privée américaine SpaceX: le milliardaire japonais Yusaku Maezawa. Date prévue pour le voyage: environ 2023.

Cette annonce, très médiatisée, a été faite par son fondateur, féru de sciences et d’espace, au siège de la compagnie près de Los Angeles, dans la gigantesque usine dont sort actuellement une fusée tous les quatorze jours.

En 2019, SpaceX espère devenir la première compagnie privée de l’histoire à emmener des astronautes vers la Station spatiale internationale. Un autre pari industriel, dont dépendra l’avenir de la compagnie. (ats/nxp)

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