A Genève, Zegna mise sur Bongénie

Il y a quatre ans, presque jour pour jour, il était venu à Genève pour inaugurer une boutique de près de 300 m2, répartis sur deux étages, à la rue du Rhône. «C’était là ou rien», nous disait-il alors. La semaine dernière, Ermenegildo Zegna, CEO du groupe familial depuis 1997, était présent chez Bongénie, au cinquième étage, pour dévoiler le nouvel espace dédié à la marque qui a bâti sa réputation sur le sur-mesure pour hommes. Une adresse qui remplace définitivement celle de la rue du Rhône. «Genève n’est pas Milan, Paris ou New York», analyse Nicolas Brunschwig, propriétaire du groupe Bongénie Grieder. «La clientèle masculine recherche avant tout un environnement où il y a du choix. Une boutique mono-marque se justifie plutôt dans les grandes villes.» Ermenegildo Zegna, lui, a accepté d’expliquer les raisons de ce changement de stratégie.

– Pourquoi avoir fermé votre boutique à la rue du Rhône après quatre ans seulement?

– Cela fait partie de la vie! (sourire) Mais nous n’avions pas suffisamment de trafic et, lorsqu’il a fallu négocier le renouvellement du contrat de location, il est apparu assez vite qu’au vu des coûts exigés, nous ne pourrions pas tenir plus longtemps.

– Avez-vous été surpris de cette situation?

– Oui. Pour moi, la rue du Rhône était l’endroit où il fallait être. J’avais d’ailleurs mis deux ans pour trouver l’emplacement idéal. Mais nos prévisions se sont révélées trop optimistes. Et puis nous sommes arrivés à Genève au moment où l’industrie du luxe entrait dans une période de récession…

– A Zurich, en revanche, vous avez gardé trois points de vente: Grieder, Jelmoli et la boutique à la Bahnhofstrasse. Comment l’expliquer?

– Malgré son statut de ville internationale, Genève a peut-être perdu un peu de son attrait. Il n’y a qu’à compter le nombre de clients à la rue du Rhône… A Zurich, on sent une autre dynamique. Notre chiffre d’affaires est en hausse. On vient d’ailleurs de refaire notre boutique avec le concept imaginé par l’architecte Peter Marino.

– Pourquoi avoir choisi Bongénie pour ce nouvel espace?

– Parce que nos deux familles travaillent ensemble depuis près de quarante ans. Lorsque mon père a créé la société au Tessin, il avait invité François Brunschwig à entrer dans le comité. Nous avons alors commencé à faire des affaires avec eux dans le sur-mesure.

Nicolas Brunschwig ajoute: Chaque société a ensuite évolué de manière parallèle. Mais nous partageons beaucoup de valeurs, notamment sur la qualité des produits, et nous visons tous les deux une clientèle locale et internationale. Mais nous avons toujours eu des produits Zegna chez nous.

– Et pour vous, M. Zegna, ce concept au Bongénie était plus intéressant en termes d’affaires?

– Parfaitement. Si nous avons partagé les frais pour le design, notre maison se charge du personnel et, évidemment, des produits. Mais après un mois d’ouverture seulement, nous voyons déjà la différence. (TDG)

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