A Genève, quand la gestion de fortune taille dans ses frais

Son credo, c’est de simplifier la gestion de fortune privée. De la rendre plus compréhensible, plus transparente, et par la même occasion, moins chère. «Tout tend dans cette direction, que ce soit au niveau des évolutions réglementaires sur la transparence des frais et la protection de l’investisseur, ou des demandes de la nouvelle génération de clients», souligne Lionel Wüst, fondateur de Fyleen.

Lancée en début d’année, la société genevoise s’ajoute à une offre qui grandit dans ce créneau, avec en Suisse la société genevoise Finetika, créée en 2015, qui fonde son conseil sur la transparence des coûts, ou Netwealth au Royaume-Uni. Sans oublier les Swissquote, True Wealth, Wealthfront ou Betterment, qui utilisent des robo-advisors (robots conseillers).

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Pour Lionel Wüst, pas question d’économiser sur le conseil personnalisé – «il est maintenu, en chair et en os», assure-t-il. «Le modèle d’affaires reste le même que celui des banques privées traditionnelles, mais en plus efficient», souligne celui qui a passé plus de quatre ans à gérer les actifs des clients les plus fortunés d’un éminent établissement privé genevois.

Du simple au quadruple

Les économies, sa société les réalise en allégeant (lean en anglais) chacune des différentes «couches de frais»: commission de gestion (pourcentage sur la fortune confiée), frais de dépositaire, de transaction et les frais bancaires (cartes de crédit, etc.). Mais aussi marges de change ou encore frais prélevés par les fonds de placement composant le portefeuille. L’ensemble des frais (TER, Total Expense Ratio) représente alors environ 0,9% par an des actifs gérés, pour un portefeuille de 500 000 francs. C’est deux à trois fois moins cher que les standards de l’industrie.

Ces frais annuels TER, qui mesurent la totalité des coûts associés à la gestion, peuvent représenter jusqu’à 4,5% de la fortune placée, selon le calculateur de Finetika. Soit jusqu’à 22 500 francs par an, pour un avoir de 500 000 francs.

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Le portefeuille est quant à lui construit autour d’un «noyau» bon marché (actions suisses, étrangères et obligations souveraines). Il peut en outre être constitué uniquement d’investissements sélectionnés selon les critères de durabilité ESG (environnement, social, gouvernance), poursuit le presque trentenaire, formé en économie et statistiques.

Un nombre de transactions limité

Il est géré selon une approche passive. Couplé à l’abaissement des frais de base, «le fait de limiter le nombre de transactions améliore d’autant la performance».

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A ce socle s’ajoutent des positions dites satellites, en fonction de la situation financière individuelle du client, poursuit Lionel Wüst, qui a également développé un outil d’analyse à cet effet. Elles prennent la forme d’investissements directs dans de petites ou jeunes sociétés, de l’immobilier ou des projets locaux à dimension environnementale ou sociale. Comme établissement dépositaire, il choisit Strateo, un courtier en ligne suisse qui prélève des frais de 0,02% pour ce service.

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Les frais de gestion démarrent à 0,6% des actifs gérés, prélevés chaque année, pour un TER à environ 0,9%. Un pourcentage dégressif est appliqué en fonction de la fortune (0,2% pour 10 millions de francs, TER 0,4%).

Reste que pour totaliser moins de 1% de TER, le service demeure réservé à une clientèle dont la fortune atteint au minimum 200 000 francs. «En dessous, il est difficile de couvrir les coûts», concède Lionel Wüst. Simplifier, mais pas démocratiser? «Du moins pas encore.»

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