A Genève, plongée au cœur de l’innovation

Robot médecin, cornée artificielle, parapluies inversés, implants osseux en 3D… Des prototypes médicaux aux gadgets fantaisistes, une pléthore d’inventions trônait sur les stands du Salon international des inventions à Genève pendant cinq jours, du 10 au 14 avril. Des chercheurs, des universitaires, des entrepreneurs… En tout, ils étaient 800 à présenter leurs trouvailles, et à espérer rencontrer des investisseurs.

Des tendances se dégagent à l’aune des préoccupations contemporaines, comme la transition énergétique ou l’amélioration des conditions de vie. A l’image de cette pompe développée par une société française pour permettre de fournir de l’eau à des villages réunionnais éloignés des sources. Ainsi que des techniques pour mieux déceler des maladies, comme ce bracelet médical égyptien qui surveille le rythme cardiaque du porteur et alerte lors d’une crise cardiaque.

Préalablement sélectionnés à la suite de concours nationaux et internationaux, les inventeurs ont tous déposé récemment un brevet à l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI). Les inventions ne peuvent être présentées qu’une seule fois, ce qui garantit le côté «innovant» du salon. Un jury international composé de 85 spécialistes venus d’horizons variés a défini les meilleures innovations selon leur ingéniosité, mais aussi leur potentiel de commercialisation, le vendredi 12 avril.

Ce jour-là, le Grand Prix a été décerné à la société GRST Holding Limited de Hongkong, représentée par son fondateur, Eric Wong, pour sa batterie au lithium qui ne produit aucune pollution, de sa construction à son recyclage. Cette batterie remplace le liant chimique habituel par de l’eau et elle est 100% recyclable. Les composants, tels que les cathodes, sont récupérés et réutilisés, alors que le corps de la batterie en fin de vie est soluble dans l’eau sans résidus polluants.

Voici un florilège d’autres innovations qui ont retenu notre attention.

Momi, ou comment éviter les microbes du métro

Vous détestez toucher les barres des transports en commun? Les concepteurs de Momi ont souhaité en finir avec cette éternelle angoisse. Grâce à ce petit objet, l’usager ne sera plus en contact avec des barres. Il lui suffira de lancer un fil autour de celles-ci, et vous pourrez vous agripper fermement à Momi. L’objet s’adapte à la taille des usagers qui doivent parfois se hisser pour trouver un coin auquel s’accrocher. Aucune batterie ou pile pour ce dispositif, qui s’auto-rétracte. Cela permet de gagner en poids, en autonomie et aussi en coût. L’appareil, dont la date de lancement n’a pas été annoncée, devrait coûter une dizaine de francs.

Une ceinture contre la fracture du col du fémur

Les trois ambulanciers genevois qui ont développé le projet en avaient assez d’intervenir après les fractures du col du fémur et de ne rien pouvoir y changer. Ils ont donc décidé de créer une ceinture airbag pour seniors qui amortit l’impact des chutes afin d’éviter qu’ils ne se fracturent de nouveau le fémur après leur opération.

Une ceinture qui devrait être commercialisée en 2020 et qui a déjà été testée en laboratoire. Elle dispose d’une autonomie de dix jours et peut être portée de jour comme de nuit. Cela permettra de rassurer la famille du porteur, mais aussi les accidentés eux-mêmes, plus craintifs après une chute, assurent les concepteurs.

Quatre bouteilles en une

Quatre bouteilles réutilisables compartimentées en plastique maintenues par un même système. Le Compartimenteur permet de transporter facilement quatre types de boissons différents, grâce à ses quatre bouchons. Un système de bouteille léger et pratique pour des personnes seules, pour éviter de porter son pack de six. Face au gaspillage alimentaire, son inventeur, Bernard Ghnassia, veut démocratiser ses bouteilles de 1l pour faciliter la vente en vrac et économiser des tonnes de plastique.

L’inventeur français a renoncé à participer au Concours Lépine, le concours national des inventeurs en France, pour se lancer à l’assaut du marché suisse, davantage porteur selon lui. Il lui faudra encore convaincre les acteurs de la grande distribution. Il aimerait commercialiser son prototype pour financer son autre idée: une canette à triple entrée, sur le modèle du Compartimenteur en plastique. Pour aider des jeunes à démarrer eux aussi leur projet, et reverser une partie des recettes de la vente de ses bouteilles à l’Unicef.

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